web 2.0

Les liens qui se tissent.

 

Il y a une semaine, Benoit, mon ami blogueur écrivait un billet que je vous invite à lire et que j'ai pris connaissance seulement aujourd'hui. Pourtant, régulièrement je visite son blogue, une écriture si belle, des sujets qui nous touchent et nous interpellent comme ce billet intitulé Encore des larmes... Toute la journée j'ai pensé à Benoit, à son amie, aux amis(es) que l'on côtoie sur Facebook ou sur le Net par l'intermédiaire de leurs blogues. À ceux qui nous lisent et qui osent cliquer Jaime ou mettre un commentaire, aux autres qui passent et ne disent rien, mais que l’on sait atteint directement ou indirectement par le cancer. Je ne peux cacher que son billet m’a émue, plus que je ne l’aurai cru. C’est toujours comme ça lorsque le cancer fini par avoir raison sur son adversaire. Une réflexion sur nous-mêmes, sur notre propre combat et sur notre propre mort. On n’y pense pas tous les jours, non, loin de là!  On pense surtout à vivre et à profiter de la vie, des parents, enfants et amis(es), mais dans ces moments-là, bien pas le choix, ça nous ramène à notre propre finalité.

 

Les amis(es) que l’on se fait, ceux que j’appelle mes sœurs et frères de combat, sont aussi importants que les amis(es) qui nous entourent et qui nous ont connus dans nos bons moments, ceux où l’on avait toute notre énergie, où nous étions actifs et productifs . Ceux-là savent qui nous étions avant que le crabe n’embrase notre corps et dans leur regard on peut voir la désolation, l’interrogation, le soulagement de n’être pas confronté à ce dernier. Ils s’attendent à ce que nous nous battions comme de bons petits soldats, il arrive même que quelques-uns nous mettent sur un piédestal parce que nous menons notre combat comme des grands.

 

Par contre, il y a ceux qui ne comprennent pas que nous refusions tels ou tels traitements ou tout simplement, comme l’a si bien écrit Benoit, nous décidions de laisser la vie suivre son cours. Ceux-là disparaissent de notre vie soit par eux-mêmes, soit nous les invitons à le faire. Il arrive même quelques fois, aux hasards des rencontres que nous faisons, que d'anciennes amitiés renaissent. La vie met sur notre passage, les gens dont on a besoin et non pas ceux que l'on croit avoir besoin. C’est ce que j’ai appris au cours des dernières années.

 

Pourquoi nous sentons-nous si tristes lorsque l’on perd une sœur, un frère de combat, qu’on n’a pas nécessairement connu avant la maladie et qui bien des fois vivent à des kilomètres de notre lieu de résidence. Tout simplement parce que nous perdons un peu de cette énergie qui circulait entre nous. C’est difficile a expliquer, mais savoir que quelqu’un, quelque part vit dans ses tripes ce que nous vivons, ressent ce que nous ressentons, comprends ce qu’à demi-mot on essaie de dire. C’est la force qui nous permet de continuer ce combat et lorsque l’on perd l’un d’entre nous, alors c’est un peu de notre énergie qui s’en va avec lui.

 

Nous sommes peu à écrire ce que nous vivons, à mettre à nu nos tripes sur la table. Quelques-uns qui ont découvert que l’écriture aidait à rester en vie et que le fait de communiquer ce que nous vivons ou ressentons pourrait aider quelqu’un. Et des quelques-uns il y a en beaucoup, puisqu’après un an d’activités sur mon blogue vous être plus de 5000 à venir le lire, et ce de par le monde, ce qui me fait plaisir tout comme me peine, car parmi vous, il y a des sœurs et des frères de combat qui me lisent silencieusement. J’ose espérer que mes propos vous aide dans votre combat et qui que vous soyez, mes pensées vous accompagnent.  Merci d’être là, car à travers vous je puise mon énergie pour continuer à me battre.

 

 

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Conviction | Réflexion

Commentaires (2) -

Benoit Bisson Canada, on 17/08/2012 18:06:34 Said:

Benoit Bisson

Merci, Chantal. Billets complémentaires je dirais, le tien me confirmant ce que je perçois, complétant certaines de mes pensées. Il est clair dans mon esprit que quand j'ai eu mon diagnostic et que j'ai décidé d'en parler ouvertement sur mon blogue, j'avais deux raisons pour ce faire: 1) ne pas virer dingue en gardant tout en dedans, et pour moi, l'écriture demeure ma forme privilégiée d'expression; 2) partager le plus honnêtement possible ce que je vivais, en espérant que ça serve à quelqu'un d'autre, ne serait-ce qu'une seule personne.

Je ne reproche pas à ceux qui écrivent 'positivement', qui partagent ce qui les a motivés ou, selon eux, leur a permis de passer à travers 'cette terrible épreuve qu'est le cancer'. Mais, en même temps, ce genre de lecture me rappelle une expérience vécue il y a plusieurs années, avec la mère de mes enfants: des cours prénataux. On nous y avait montré une vidéo dans laquelle la femme ne semblait pas souffrir du tout et vivait tout son accouchement sourire aux lèvres. Et le tout se passait à une vitesse impressionnante! Pour avoir assisté à l'accouchement de nos deux enfants, je peux te dire que c'était hallucinant de voir ça, d'un irréalisme que je trouvais inacceptable. Je ne veux pas dire qu'il faut faire peur aux futures mères, mais ne méritent-elles pas d'avoir l'heure juste, bonheur comme douleur?

Le cancer, c'est crade. Point à la ligne. On vit avec, on voit et profite intensément de chaque jour, de chaque moment, tout comme on peut passer des journées à pleurer, à gerber ses tripes, à souffrir le martyre. Et c'est TOUT ça, le cancer. Le bon comme le mauvais. Et à raconter comment on passe à travers, comment on surmonte le mauvais, comment on stresse parfois, comment on peut améliorer son quotidien en dehors de la simple machine médicale, j'ai l'espoir que pour certains/certaines, c'est utile.

Et tes statistiques de visites, tout comme les miennes d'ailleurs, m'incitent à penser que oui, non seulement ça nous sert à nous qui écrivons, mais ça sert aussi à ceux et celles qui nous lisent. Et ça, ça fait chaud au coeur.

Chantal Canada, on 18/08/2012 22:37:10 Said:

Chantal

Merci a toi Benoit.  J'aimerais ajouter a ton commentaire sur les gens qui écrivent positivement qu'il y a aussi une différence, entre la premiere fois qu'on t'annonce que tu as un cancer, et les fois où  l'on te découvre comme dans ton cas des métastases ou bien un deuxieme cancer ou encore une rechute.  La première fois tu ne sais pas dans quoi tu t'embarque, l'opération, la chimiothérapie la radiothérapie, les douleurs et j'en passe. La deuxieme fois ou la découverte d'un autre cancer, là tu sais que ce ne sera pas rose et tu es plus conscient que le cancer risque d'avoir le dessus sur toi ou bien que tu vas en manger une maudite qui te laissera a terre et qu'il faudra que tu rampe pour te relever et y faire face.  C'est je pense la différence.  Ce n'est pas une question d'être négatif ou positif, non je ne pense pas, car entre toi et moi il faut que l'on soit vraiment positif pour s'infliger encore et encore tous ces traitements et surtout toutes ces douleurs.  A la fin, peut etre ferons nous comme certains et laisserons nous la vie décider de notre sort.  Mais je pense que tant que nous aurons la force de nous battre, la force de continuer a vivre nous serons des adversaires farouches pour le cancer.  

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