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L'Après chimio,

À la fin de septembre 2000, je recevais mon dernier traitement de chimiothérapie, alors commença une série de résonnance magnétique trimestrielle pour s'assurer que la tumeur ne revienne pas. J'ai donc repris la cigarette et je commençais des cours de TAI chi et de peinture. Le Tai-chi pour essayer de me remettre physiquement des derniers mois, la peinture pour le plaisir. J'ai plus ou moins aimé le TAI chi, je ne sais pas, trop zen peut-être pour moi à ce moment-là. Tout se fait avec lenteur en prenant de grandes respirations, n'ayant plus d'énergie. Cette activité aurait dû mettre profitable, me connecter avec moi-même, malheureusement ce ne fût pas le cas. Par contre, j'ai adoré la peinture et jamais je n'aurais espéré avoir un certain talent. J'ai donc passé une partie de l'automne à faire ces activités entre mes visites chez les médecins et mes temps de sieste pour récupérer.
 
 
Nous voilà donc en mars 2001, une année s'était écoulée, j'avais quelque peu désenflé et retrouvé une certaine chevelure. Cependant, il me fallait prendre certaines décisions, dont celle à savoir si je retournais travailler. Je voyais bien que je n'avais plus l'énergie qui m'habitait avant les évènements, tout comme ma concentration me faisait défaut, sans compter ces maux de tête réguliers, mais surtout, j'étais devenue plus émotive. Bon, j'avoue, je pleure toujours aux mêmes scènes dans Love Story, mais que voulez-vous, faut croire que je suis une grande romantique qui s'ignore. Je disais donc, j'avais des rendez-vous avec des neurochirurgiens qui allaient déterminer si j'étais apte à retourner au travail et indépendamment de leur décision, il fallait que dans ma tête j'accepte le verdict. Je savais que je n'avais plus la force de subir le stress du travail, ni la capacité physique de me lever le matin et de faire simplement l'aller au bureau, sans qu'en plein milieu de l'avant-midi je m'écrase en pleurant de fatigue, tout cela serait trop pour moi. Il faut croire que je n'avais pas tort, puisqu'ils ont décidé que j'étais inapte à un retour au travail et m'ont déclarée invalide permanente. Ils m'ont fortement suggéré de profiter de la vie, d'éliminer toute source de stress et d'apprendre à me détendre. C'est bien beau tout cela, mais qu'est-ce qu'on fait après?
 
 
J'ai toujours dit, lorsque la vie te ferme une porte, il y a de nombreuses fenêtres qui s'ouvrent, il n'en tient qu'à nous d'en profiter. Je ne nierai pas que je suis chanceuse, peu de gens peuvent se permettre de ne plus travailler et nombreux sont les témoignages où certains doivent travailler pendant leur chimiothérapie. Je fais partie d'une catégorie minime qui a eu la chance de travailler pour une institution qui offrait une assurance salaire et une assurance invalidité sans compter qu'au Québec la Régie des rentes offre également une assurance invalidité. La question financière étant réglée, il me fallait admettre qu'un processus de changement radical venait d'être entamé, il me fallait trouver un but à ma vie puisqu'il m'était impossible de me réaliser dans le travail. J'ai vu ma mère suite à un AVC (accident vasculaire cérébrale) tombée dans une dépression qui a duré un peu plus de 2 ans et où elle a côtoyé régulièrement avec l'idée du suicide, éliminant un après l'autre les amis (es) puisqu'elle se sentait inutile. J'ai donc décidé que je prendrais un autre chemin, celui de l'acceptation, je trouverais bien un sens à ma vie.
 
 
À partir de ce moment-là, j'ai repris le contrôle de ma vie ou tout au moins un certain contrôle, j'ai arrêté de fumer le 1er avril 2001 et vous savez, quoi, je n'ai eu aucune difficulté, j'ai éteint ma cigarette à minuit en me disant que c'était la dernière et, mise à part 1 ou 2 fois par année et ce, pour une fraction de seconde, je n'ai plus jamais eu le goût de fumer. Il m'arrive de penser que c'est grâce à cette tumeur, sans elle, je ne suis pas certaine que j'aurais cessé de fumer, j'avais arrêté le temps de l'opération et des traitements de chimiothérapie, mais j'avais repris pour avoir la sensation de contrôler ma vie en fait, c'est elle qui me contrôlait et à partir du moment où j'ai lâché prise, bien je n'ai pas eu à me battre, juste écraser. Comme quoi dans la vie, lorsqu'on lâche prise les choses n'en sont que plus faciles.

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