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Des chercheurs québécois sont en voie de réussir l’impossible: mettre au point une molécule capable d’atteindre et traiter les tumeurs cérébrales

JOURNAL DE MONTREAL 8 MAI 2014 PAR ISABELLE MAHER .

Des chercheurs québécois sont en voie de mettre au point une molécule capable de traiter les tumeurs au cerveau.

 

Richard Béliveau flotte littéralement sur un nuage. Avec son équipe, le docteur en biochimie a réussi l’impossible : atteindre le cerveau pour traiter les tumeurs cancéreuses grâce à une molécule en cours de tests cliniques.

«On est à la porte d’un traitement, ça n’arrive qu’une fois dans une vie», lance celui qui a fait du cancer l’ennemi public numéro un.

En 2004, Richard Béliveau et son équipe ont mis au point l’ANG1005, une molécule transportant un médicament capable d’atteindre et traiter les tumeurs au cerveau.

Depuis, l’entreprise montréalaise Angiochem mène les tests cliniques du médicament aux États-Unis. Les résultats sont si prometteurs que de nouvelles études de phase II sont en cours. Nous avons rencontré le chercheur au Laboratoire de médecine moléculaire de l'UQAM.

Q: Pourquoi le traitement que vous avez mis au point est sur la bonne voie ?

Richard Béliveau: «Jusqu’ici, 200 patients ont été traités, entre 60% et 80% voient leur état clinique s’améliorer, certains ont des rémissions complètes. J’avais envisagé les pires scénarios, des effets secondaires importants, des rejets ou de l’intolérance au traitement. Rien de tout ça n’est arrivé. Ce qui nous excite, c’est d’arriver à des résultats avec le glioblastome, un cancer mortel qui ne laisse que 11 ou 12 mois à vivre. On arrive aussi à traiter des métastases au cerveau que l’on retrouve dans 30% à 50% des cancers du sein ou du poumon.»

Q: Quels sont les résultats qui vous semblent le plus spectaculaire ?

R.B.: «C’est la disparition complète d’un glioblastome chez un patient qui ne répondait plus à rien et dont le pronostic était très sombre. Grâce au traitement, l’homme est en rémission depuis trois ans.»

Q: Y a-t-il de l’espoir pour d’autres maladies du cerveau ?

R.B.: «On a trouvé la molécule pour transporter un médicament contre le cancer, on peut penser traiter d’autres pathologies comme l’Alzheimer ou le Parkinson. Mais il est encore trop tôt pour prévoir ce qui va se passer.»

Q: Si tout va bien, il est permis de croire que le ANG1005 sera disponible en 2016 ?

R.B.: «Oui, mais je suis prudent et à la fois enthousiaste. On ne doit pas créer de faux espoirs, ni de faux désespoirs. La science progresse, moi je dis aux patients: “survivez, il y aura peut-être un nouveau traitement”. Mais il est actuellement impossible de mettre la main sur le médicament.»

Découverte canadienne contre le cancer du cerveau

En cette fin d'année 2013, quoi de mieux pour terminer l'année que de recevoir enfin une bonne nouvelle puisqu'au cours de la dernière année, les nouvelles concernant de nouveaux traitements ont été décevantes.  Alors voila de quoi nous réjouir!

Par Rédaction La Presse Canadienne.

 

MONTRÉAL – Des chercheurs canadiens pourraient avoir réalisé une percée importante dans la lutte contre le cancer du cerveau.

Les patients actuellement atteints d’un glioblastome, la forme la plus agressive de cancer du cerveau, n’ont une espérance de vie moyenne que de 15 mois, et moins de 5 pour cent d’entre eux survivent plus de cinq ans.

Les chercheurs V. Wee Yong et Susobhan Sarkar, de l’Institut Hotchkiss du cerveau à l’Université de Calgary, ont découvert que la tumeur désactive certaines cellules immunitaires, les microglies, qui défendent normalement l’organisme contre les blessures et l’infection. Dans une tumeur, ces cellules immunitaires cessent de fonctionner correctement, ce qui permet au cancer de croître.

Les scientfiques ont ensuite déterminé, lors de tests chez des souris, qu’un médicament déjà approuvé pour lutter contre les infections fongiques du cerveau et de la colonne vertébrale, l’amphotéricine B, peut réactiver les microglies, ce qui leur permet ensuite d’attaquer la tumeur cérébrale.

Les souris traitées avec ce médicament ont vu la taille de leur tumeur diminuer. Elles ont aussi survécu deux ou trois fois plus longtemps que les autres.

Les chercheurs espèrent maintenant pouvoir procéder à des essais cliniques chez les humains.

Cette étude est publiée dans la revue médicale Nature Neuroscience.

 

Le CRP-Santé associé à un géant américain

Publié par Sébastien Lambotte  pour le PaperJam.

Ce jeudi, l’institut de recherche en science de la vie a conclu un nouvel accord d’échange international.

Le département d’oncologie du CRP-Santé a officialisé un partenariat avec Arthur and Sonia Labatt Brain Tumour Research Centre-Hospital for Sick Children. Le directeur de ce centre de recherche canadien spécialisé dans les tumeurs du cerveau, le professeur James Rutka, était présent ce jeudi au Luxembourg pour signer cet accord qualifié d’exceptionnel. «Notre département d’oncologie s’associe au plus grand centre de recherche nord-américain spécialisé dans les tumeurs du cerveau», a précisé le Dr Jean-Claude Schmit, directeur général du CRP-Santé.

Un partenariat rendu possible grâce à une rencontre entre les deux organismes de recherche médicale lors d’une mission soutenue par le ministère de l’Économie au Canada en mai dernier. Aussi, le directeur général du CRP-Santé a profité de la présence du ministre Étienne Schneider lors de la signature de cet accord pour rappeler combien la recherche en biomédecine pouvait être créatrice de valeur et que l’investissement dans le développement de nouvelles compétences permettait d’aboutir à de nouvelles opportunités économiques.

Le Luxembourg, depuis plusieurs années maintenant, a fait de la recherche dans les sciences de la vie, et plus particulièrement de la biomédecine, un vecteur important de diversification économique. Pour cela, le Grand-Duché entend attirer des compétences de choix et investir dans des infrastructures de pointe comme l’Integrated BioBank of Luxembourg afin de mettre en place une expertise reconnue en la matière. «Par le passé comme aujourd’hui, nous avons déjà pu conclure des accords avec des organismes de recherche à travers le monde et notre ambition est de continuer à développer ce réseau», a expliqué Jean-Claude Schmit.

Un échange riche

L’objectif de l’accord passé ce jeudi entre les deux organismes est de permettre aux deux centres un échange de personnel et de compétences attachés à la recherche sur les tumeurs cérébrales. «Au sein du département d’oncologie du CRP-Santé, le laboratoire de Neuro-Oncology Norlux, développé en partenariat avec l’Université de Bergen en Norvège, constitue l’un des plus grands centres de recherche en la matière d’Europe, a expliqué le professeur Rolf Bjerkvig, responsable du département d’oncologie du CRP-Santé. Il compte à l’heure actuelle une cinquantaine de chercheurs. Aujourd’hui, pour le développement de nos recherches dans ce domaine, nous avons le plus grand intérêt à nous connecter avec des partenaires de choix à l’échelle internationale.»

Ce rapprochement avec le Canada constitue une opportunité exceptionnelle qui doit permettre aux deux parties d’aller plus loin encore dans la lutte contre ces tumeurs du cerveau dévastatrices. «Je me réjouis des échanges qu’engendrera ce partenariat, a commenté le professeur James Rutka. Il sera bénéfique pour nos deux organismes, nos chercheurs mais aussi pour nos étudiants. Et au-delà de la valeur économique qu’il peut créer, à travers des brevets et leur commercialisation, il doit avant tout profiter aux patients qui bénéficieront en premier lieu des résultats de ce partenariat.»

 

Un bras robotisé aide à traiter les tumeurs au cerveau

Publié sur le site de l'Université de Sherbrooke dans Voir le Futur.

 

5 février 2013

 

«Je suis la preuve vivante qu'il y a de l'espoir», témoigne une avocate montréalaise qui s'est fait enlever complètement une tumeur cérébrale en septembre 2010. L'équipe du professeur David Fortin, neurochirurgien à la Faculté de médecine et des sciences de la santé de l'UdeS, a pratiqué l'opération, pour la première fois au pays, à l'aide du bras robotisé ROSA et de la résonance magnétique nucléaire de diffusion (IRM de diffusion). Le dispositif ROSA a été acquis de la compagnie française Medtech, tandis que l'IRM de diffusion a été développée par l'équipe du professeur Maxime Descoteaux, informaticien à la Faculté des sciences. Pour la première fois, les deux technologies ont été combinées lors de cette chirurgie durant laquelle la patiente a été éveillée pour procéder à la stimulation de son cerveau. Cette combinaison a permis d'extraire une tumeur qui, de prime abord, semblait impossible à retirer dans sa totalité.

ROSA agit comme un troisième bras souple et facile à déplacer, qui guide le neurochirurgien dans la manipulation d'instruments chirurgicaux pendant l'intervention, en lui permettant de visualiser en 3D le cerveau du patient et de faire du repérage en temps réel. Il a été conçu pour les interventions délicates telles que biopsies et ablations de tumeurs cérébrales, chirurgies d'épilepsie et implantation d'électrodes. Il contribue à améliorer le bien-être du patient, à rendre les traitements plus efficaces et moins invasifs, à simplifier et à accroître la sécurité et la fiabilité des procédures chirurgicales. À la recommandation du professeur Fortin, un système de rétractation hautement sécuritaire est intégré pour améliorer la performance du système, tout en permettant la navigation en temps réel, ce qu'aucun autre appareil n'est en mesure de faire actuellement.

 

 

 

Cancer du cerveau | Une image scientifique qui gagne des prix à l'international

Publié par le Centre de Recherche Clinique de l'Université de Sherbrooke

 

Une image scientifique représentant une tumeur au cerveau a reçu une mention d'honneur et le prix du public du concours International Science & Engineering Visualization Challenge organisé par la National Science Foundation et la revue Science.

 

L'image intitulé Cerebral infiltration conçue par l'étudiant à la maîtrise Maxime Chamberland, dirigé par le chercheur et professeur Maxime Descoteaux, présente l'impact d'une tumeur maligne sur le câblage cérébral. La gradation de couleur (du rouge au bleu) indique le niveau d'atteinte des connexions cérébrales.

À la suite de ce presigieux prix, l'image a été publiée dans plusieurs sites Internet et dans plusieurs revues scientifiques, dont la prestigieuse Science et d'autres comme Reader's Digest, Scientific American Mind, Discover Magazine et Medical Tribune.

«Les fibres de la matière blanche sont responsables de connecter les différentes aires fonctionnelles du cerveau entre elles. En présence d'une tumeur, elles peuvent se réorganiser de multiples façons et refaire des connexions pour assurer le suivi des fonctions importantes. Les fibres peuvent infiltrer, contourner et même englober la tumeur.»

Maxime Chamberland, étudiant à la maîtrise en informatique

 

Imagerie médicale, la résonance magnétique (IRM)

Cette connectivité, révélée par les cartes du câblage des fibres nerveuses entre les régions du cerveau, appelées autoroutes intracérébrales, est obtenue par résonance magnétique nucléaire de diffusion (IRM de diffusion) avant l'intervention.

L’imagerie du câblage cérébral est utilisée lors d'interventions neurochirurgicales. Le Dr David Fortin, neurochirurgien et neuro-oncologue au CHUS ainsi que professeur à l'Université de Sherbrooke, et l'informaticien Maxime Descoteaux, aussi chercheurs au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel du CHUS, ont conçu et testé ensemble des outils d'imagerie médicale qui permettent d'accroître la précision d'interventions chirurgicales au cerveau.

«Dans le cas de l'image en vedette, le Dr Fortin a utilisé l'imagerie du câblage cérébral pour planifier son opération et son angle d’attaque pour réséquer [supprimer] le maximum de la tumeur sans léser la fonction du patient. Maxime Chamberland a fait l'assistance pendant l'opération et la résection. Le tout s'est déroulé avec succès et sans séquelles pour le patient.»

Maxime Descoteaux, Ph.D., chercheur au Centre de recherche clinique Étienne-Le Bel et professeur adjoint du Département d'informatique de l'UdeS.

Cerebral Infiltration

3D camera for brain surgery a big leap forward

Publié par The Star.com le 27 octobre 2012, un article en anglais sur la première opération au cerveau par endoscopie en 3D au Canada.  Mème si l'article est en anglais, j'ai cru intéressant de la partager avec vous, une avancée technologie qui non seulement aidera les neurochirurgiens mais qui fera en sorte que l'opération sera moins pénible pour les personnes atteintes de tumeur au cerveau.

 

The Toronto doctor who pioneered what has become an international standard in neurosurgery is once again breaking new ground, becoming the first surgeon in Canada to use a 3D camera to remove a brain tumour.

Dr. Michael Cusimano made headlines 17 years ago when he became the first neurosurgeon in the world to remove tumours by endoscopic surgery, a minimally invasive procedure that involves sending a video lens along with instruments through both nostrils and into the brain.

Earlier this month, Cusimano took that technique a big step forward in a surgical theatre at St. Michael’s Hospital, inserting a three-dimensional camera — barely larger than a speck of sand — up the nose of a 75-year-old man. The surgeon scooped out a benign but large walnut-sized tumour on the patient’s pituitary gland at the base of his skull. The tumour was pressing on his optic nerve, causing him to go blind.

The operating room was especially full on the day of surgery. In addition to Cusimano and the regular cast of operating room doctors, nurses and health professionals, there were a couple of journalists, some curious surgeons and the man who invented the technology, 45-year-old Avi Yaron.

Yaron underwent four invasive operations after developing a brain tumour 19 years ago. He spent months recovering from craniotomies that saw surgeons remove parts of his skull so they could bore deep into his brain. He suffered serious complications.

“I was in hell many times,” Yaron says. “I could have died a few times, not just once.

The electrical engineer thought there must be a better way.

The 3D tool he ultimately developed helps surgeons precisely manoeuvre their instruments in a tiny space. The better view enables surgeons to remove more of a tumour with reduced risk of error.

Back in the operating room, with the 3D endoscope buried about 10 centimetres in his patient’s nose and brain, Cusimano marvelled at the image on the screen.

It was as though his own eyes were in the patient’s brain, he says, noting the 3D view allowed him to more accurately and quickly resect the patient’s tumour.

Using scalpels, scissors, drills and other surgical instruments, Cusimano made small, precise movements with his hands, while not even looking at them. Instead, he stared at the screen to see what he was doing inside his patient’s head.

With a few taps of a tiny hammer on a chisel, Cusimano broke through a thin bone at the base of the patient’s skull and into the brain. The pituitary gland was so enlarged by the tumour — 26 times its normal volume — that this bone, usually flat, was convex and bulging into the sinus cavity.

Cutting through a thin membrane, Cusimano reached the tumour. He scooped out what looked like gooey cottage cheese, confident he got it all.

The entire surgery, which also included procedures by head and neck surgeon Dr. John Lee, took about four hours.

After his first run with the 3D endoscope, Cusimano gave the new technology two thumbs up.

“We’re excited by it. It’s a natural evolution to surgery,” says the doctor, who also teaches medical students at the University of Toronto.

“The technology opens a whole new world of opportunities for advancing surgery because it allows us to basically put our eyes into the patient,” he says.

In a profession where seeing in micromillimetres counts, the new technology will also make a big difference to new surgeons, allowing them to better judge distances, Cusimano says.

The surgeon says he wouldn’t be surprised if other Canadian hospitals adopt the technology. He’s already heard about other neurosurgeons in the country expressing interest. At St. Mike’s, it was a generous donation from a donor that made the purchase of the technology possible.

Health Canada approved the 3D endoscope this past spring. In the United States, the Food and Drug Administration approved it more than a year and a half ago and now about a dozen hospitals there use it. It’s widely employed in Italy, and hospitals in other European countries as well as Israel also use it.

Inventor Yaron, who grew up in Israel and now resides in California, has seen neurosurgery performed using his technology about a thousand times around the world. Still, every time he watches it he gets chills, he says, because it brings him back to his own experience with a tumour.

“If this existed back then I probably would have needed only one operation and been released from hospital the next day,” he says.

Yaron takes great pleasure from seeing a satisfied neurosurgeon. And he has become philosophical about his own experience with a brain tumour that left him with deficits, such as difficulty remembering names and navigating travel.

“I believe there is a purpose for everything in life and I think that this tumour had a purpose.”

 

 

Mieux comprendre la récidive des tumeurs du cerveau .

CA_RichardBeliveau

Richard Béliveau

Journal de Montréal, Publié le:dimanche 09 septembre 2012, 17H35| Mise à jour:dimanche 09 septembre 2012, 18H14.

 

Les résultats d’une équipe de chercheurs soulèvent d’intéressantes possibilités quant au traitement des gioblastomes, une tumeur d’origine cérébrale.

Les glioblastomes sont des tumeurs cérébrales très agressives, qui récidivent fréquemment après le traitement et ne laissent donc que peu de chance aux personnes atteintes. Une étude récente vient d’identifier les mécanismes moléculaires responsables de certaines de ces récidives, ouvrant la voie à une amélioration de la survie des patients.

CANCER FOUDROYANT

Le glioblastome multiforme est la tumeur d’origine cérébrale la plus agressive, capable d’envahir très rapidement l’ensemble du cerveau et de causer le décès en quelques mois à peine. Le traitement de ces cancers est d’autant plus compliqué qu’ils évoluent généralement de façon asymptomatique et ne se déclarent cliniquement qu’une fois parvenus à un stade avancé. En conséquence, le pronostic des personnes atteintes est généralement sombre, avec une espérance de survie d’une année ou moins après le diagnostic.

Les glioblastomes sont également l’un des types de cancer les plus vascularisés, ces vaisseaux sanguins étant formés par un processus appelé angiogenèse, en réponse à la forte sécrétion d’un facteur de croissance, le VEGF, par ces cellules cancéreuses. Puisque l’angiogenèse tumorale joue un rôle crucial dans la progression de plusieurs types de cancers, il fut proposé que la neutralisation de cette vascularisation pouvait freiner la progression des glioblastomes et ainsi améliorer les chances de survie des patients.

RÉCIDIVES SURPRENANTES

Un des premiers inhibiteurs de l’angiogenèse à être intégré aux protocoles de traitement fut le bevacizumab, mieux connu sous le nom d’Avastin. Ce médicament est un anticorps qui interagit spécifiquement avec le VEGF et l’empêche d’agir au niveau des vaisseaux sanguins pour stimuler l’angiogenèse. Les premiers essais cliniques réalisés chez les personnes atteintes d’un glioblastome ont généré beaucoup d’espoir, car ce médicament s’est avéré efficace à court terme, avec une amélioration notable de la qualité de vie des patients. Malheureusement, ces bénéfices thérapeutiques ne sont que transitoires et, à plus long terme, le cancer recommence à progresser en dépit de l’arrêt soutenu de la néovascularisation. Chez le tiers des patients, ces récidives prennent même la forme de tumeurs encore plus invasives qui s’infiltrent profondément dans le tissu cérébral, rendant pratiquement impossible le traitement par chirurgie ou l’utilisation d’autres options thérapeutiques. Ces résultats décevants suggèrent donc qu’en dépit du rôle crucial de l’angiogenèse, les cellules de glioblastomes parviennent à contourner ce processus et utilisent une autre stratégie pour proliférer et envahir le tissu cérébral.

AGENT DOUBLE

Comment expliquer cette résistance au traitement anti-VEGF ? Pour répondre à cette question, une équipe multidisciplinaire de chercheurs californiens et de l’Université McGill a élucidé les événements moléculaires qui se déroulent au niveau des tumeurs traitées avec le bevacizumab (1). Ils ont tout d’abord fait la surprenante découverte que le VEGF agit comme un véritable « agent double » au niveau des glioblastomes. En plus de son rôle procancéreux qui découle de la stimulation de la vascularisation, cette protéine possède aussi une action anticancéreuse en bloquant le mouvement ou migration des cellules tumorales qui est associée au caractère agressif d’une tumeur. Les chercheurs ont observé que le VEGF provoque la formation de complexes moléculaires qui bloquent l’activation d’une protéine appelée MET, réduisant du même coup la migration des cellules cancéreuses. Par contre, lorsqu’un anti-VEGF est ajouté, comme c’est le cas lors des essais cliniques avec l’Avastin, ces complexes sont détruits et l’activation de MET qui en découle mène à l’acquisition de propriétés invasives par les cellules. En d’autres mots, si les médicaments anti-VEGF sont inefficaces face aux glioblastomes, c’est parce qu’ils interfèrent avec les propriétés anticancéreuses intrinsèques du VEGF, permettant aux cellules tumorales d’envahir le cerveau. Ces résultats soulèvent donc l’intéressante possibilité que l’administration combinée d’un autre médicament, inhibiteur de la protéine MET, pourrait empêcher les récidives qui sont associées aux médicaments anti-VEGF et ainsi améliorer considérablement l’efficacité du traitement des glioblastomes.


(1through a MET/VEGFR2 complex. Cancer Cell 2012; 22 : 21-35.) Lu et al. VEGF inhibits tumor cell invasion and mesenchymal transition

 

 

 

 

ASPIRINE et moindre risque de décès par cancer, de nouvelles données.

Au mois de mars dernier, j'écrivais un billet intitulé ''Cancer: faut-il prendre un peu d'aspirine tous les jours ?''  je joins donc les nouvelles données parues dans le Journal of the National Cancer Institute.

 

De nouvelles preuves sur l’association entre la prise quotidienne d'aspirine et la réduction du risque de décès par cancer nous sont apportées par cette étude, sur plus de 100.000 patients, publiée dans l’édition en ligne du 10 août, du Journal of the National Cancer Institute. Une étude qui aboutit néanmoins à une réduction inférieure à celles précédemment observées et recommande donc la prudence quant à l’utilisation élargie de l’aspirine à la prévention de certains cancers.

Une analyse récente d’essais randomisés sur l’effet d’une prise quotidienne d’aspirine sur la prévention des événements vasculaires, publiée en mars dernier dans The Lancet, avait suggéré une réduction de 37% de mortalité par cancer chez les utilisateurs d’aspirine pendant 5 ans ou plus. Ces chercheurs américains de la Cancer Society ont analysé ici, et suivi sur 11 ans, les données de 100.139 participants âgés de l’étude cohorte Cancer Prevention Study II Nutrition, utilisateurs auto-déclarés d’aspirine et sans cancer au début de l'étude.

Une réduction moyenne de 16% : Les auteurs constatent qu’une utilisation quotidienne d’aspirine est à nouveau associée à une réduction du risque de mortalité par cancer, ici de 16%. Cette réduction du risque de décès varie selon les cancers, allant de 12% pour les cancers hors tube digestif à 40% pour les cancers de l'œsophage, de l'estomac et le cancer colorectal.

Certes, cette réduction observée est inférieure aux précédents résultats, en particulier ceux de l’étude du Lancet. Le Dr Jacobs, co-auteur de l’étude précise donc qu’il reste à ce stade des données encore prématuré de recommander la prise d’aspirine pour prévenir certains cancers et rappelle, que même à faible dose, l'aspirine peut augmenter considérablement le risque de saignements. Ce type de décision doit donc être pris en fonction de l'histoire médicale de chaque patient et sur prescription médicale, bien sûr.

Source: Journal of the National Cancer Institute online August 10, 2012 DOI:10.1093/jnci/djs318 Daily Aspirin Use and Cancer Mortality in a Large US Cohort

 

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Allergies et risque réduit de 50% de tumeur cérébrale.


 Publié dans le Journal of National Cancer Institue

 

Un lien établi entre les allergies et un risque réduit d'une forme grave de cancer ou gliome, c’est ce que conclut cette étude de l’Ohio State University, soutenue par le National Cancer Institute, les National Institutes of Health (NIH) et publiée dans le Journal of National Cancer Institute. Une réduction du risque de gliome, plus élevée chez les femmes que les hommes, bien que certains hommes allergiques certains aient aussi un risque plus faible de tumeur.

Cette étude renforce une conviction des scientifiques qu’un facteur clé des allergies diminue le risque de ce cancer. Alors que ces tumeurs, appelées gliomes, ont la capacité, pour pouvoir croître, de supprimer la réponse immunitaire, les chercheurs ignorent toujours si les allergies réduisent le risque de cancer ou si ces tumeurs interfèrent avec la réaction d'hypersensibilité immunitaire aux allergènes.

En analysant des échantillons de sang stockés sur 40 ans, de patients diagnostiqués avec un gliome, les auteurs ont pu constater que les hommes et les femmes dont les échantillons contenaient des anticorps liés aux allergies avaient un risque réduit de près de moitié de développer un gliome 20 ans plus tard, par rapport aux personnes non allergiques. Les chercheurs ont mesuré les niveaux de 2 types de protéines appelées IgE, ou immunoglobuline E, une classe d'anticorps produits par les globules blancs qui interviennent dans les réponses immunitaires aux allergènes. 2 classes d'IgE participent à la réaction allergique, les IgE spécifiques, qui reconnaissent les composants spécifiques d'un allergène et les IgE totales, qui comprennent également des anticorps aux fonctions inconnues.

Ces anticorps liés à l'allergie, un facteur réducteur du risque de tumeur : Judith Schwartzbaum, professeur agrégé d'épidémiologie à l'Ohio State University et auteur principal de l'étude explique : « Plus la présence des allergies est antérieure au diagnostic de gliome, moins il est probable que la tumeur supprimera les allergies ». Constatant cette association présente si longtemps avant le diagnostic de la tumeur, les auteurs suggèrent que les anticorps liés à l'allergie sont un facteur réducteur du risque de tumeur. Chez les personnes allergiques, des niveaux plus élevés d'anticorps circulants pourraient stimuler le système immunitaire et réduire ainsi le risque de gliome. De même, l’absence d’allergie est un des facteurs de risque identifiés à ce jour de ce type de tumeur au cerveau, même si le mécanisme expliquant cette association n’est pas encore très clair.

Une association aussi pour le glioblastome: Des études précédentes sont parvenues aux mêmes conclusions mais elles étaient basées sur des données auto-déclarées de patients diagnostiqués avec un gliome. Aucune étude n'avait, jusqu’ici contrôlé cette association sur des échantillons de sang recueillis parfois plus de 20 ans avant le diagnostic des tumeurs. L'étude actuelle suggère aussi que les femmes allergiques ont au moins un risque diminué de 50% pour le type le plus grave de ces tumeurs, le glioblastome-qui après traitement, ne laisse un pronostic de survie à 5 ans que de 10%. Un effet d'anticorps spécifiques qui, en revanche, n'est pas autant observé chez les hommes. Les hommes qui ont été testés positifs pour ces anticorps spécifiques n’ont un risque réduit que de 20% vs les hommes testés négatifs.

Hommes et femmes, un effet différent des IgE ? Alors que la relation entre les taux d'IgE totales et le risque de gliome n'est pas différente pour les hommes et les femmes et qu’un test positif pour un total élevé d'IgE est lié à une diminution moyenne de 25% de risque de gliome par rapport à un test négatif pour les IgE totales, les différences d’association pour le glioblastome suggèrent une différence dans l'effet des IgE spécifiques entre hommes et femmes. Il est donc bien probable que le système immunitaire des personnes souffrant d'allergies respiratoires pourrait apporter un effet protecteur contre ce type de cancer du cerveau.

Source: JNCI J Natl Cancer Inst first published online August 1, 2012 doi:10.1093/jnci/djs315Association Between Prediagnostic IgE Levels and Risk of Glioma(Vignette “Glioma” NIH, visuel NIH “IgE) et Santé Log

 

CANCER du CERVEAU: Ces cellules souches coupables de récidive

Certaines cellules souches cancéreuses peuvent déclencher la récidive de certains cancers, selon cette étude de l'Université du Texas, soutenue par les National Institutes of Health (NIH), qui a étudié le cancer du cerveau chez la souris. Les chercheurs ont pu identifier un sous-ensemble de cellules tumorales qui semblent être responsables du « retour » de la tumeur après le traitement. Parvenir à supprimer ces cellules tumorales responsables, permettrait de venir à bout des cancers pharmaco-résistants. Une recherche prometteuse publiée dans l’édition du 1er août de la revue Science.

 

Les souris ont été génétiquement modifiées pour présenter une forme très agressive de cancer du cerveau, un glioblastome, une forme qui récidive fréquemment après une chimiothérapie chez les humains et ne laisse qu’une survie moyenne d’un an après le diagnostic. C'est le type le plus fréquent de tumeur maligne du cerveau chez l'homme, un type très agressif qui revient souvent après ablation chirurgicale. Les chercheurs ignorent comment ce cancer récidive. 

 

Les souris ont été traitées avec un anti-cancéreux (témozolomide). Puis les scientifiques ont identifié, par analyses génétiques, un sous-ensemble de cellules tumorales qui semblaient être responsables de la récidive de la tumeur après le traitement.

 

Sur culture cellulaire, les chercheurs montrent que le type de cellules identifiées semble permettre la croissance de la tumeur primitive mais aussi la récidive des tumeurs après une chimiothérapie.

 

 

Une voie de recherche intéressante, soulignent les auteurs, car il pourrait bien y avoir un moyen de tuer ces cellules souches cancéreuses et, dans ce cas, de développer un traitement pour les types de cancer résistants aux traitements conventionnels. Il faudra encore du temps, précisent les scientifiques, pour tenter d'aboutir à un nouveau traitement pour les humains, mais, dans cette attente, leur recherche apporte déjà de précieuses données sur le processus de développement et de récidive de ce type de cancer du cerveau.

 

 

Sources: Nature doi:10.1038/nature11287online August 1 2012A restricted cell population propagates glioblastoma growth after chemotherapy et doi:10.1038/nature11344Defining the mode of tumour growth by clonal analysis(Vignette NHS, Visuel Tuft University “Breast cancer stem cells (CSCs)”)