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Au Revoir Benoit.

 

Depuis plus de deux ans, Benoit et moi partagions nos commentaires sur ce que nous vivons. Avoir le cancer c'est vivre autrement, c'est le plus grand combat qu'un être humain ai à vivre. Combattre pour sa vie. Combattre pour pouvoir jouir de la vie. Combattre pour les personnes que nous aimons. Notre femme, notre mari, nos enfants, nos parents, nos amis(es). COMBATTRE ce maudit crabe. Si je dois visualiser le mot combattant, c'est tout naturellement à Benoit que je pense. Cet homme qui depuis 2006 vivait avec un cancer du rein avec des épisodes de métastases au cerveau ou ailleurs et qui finalement aura perdu cette bataille le 3 avril dernier.

 

J'ai toujours aimé l'écriture de Benoit, sensé avec un regard objectif sur la maladie, sur le système de santé et sur bien d'autres sujets. Je vous invite à visiter son blogue. Quant à moi, je continuerai à le lire, comme on lit un bon livre que l'on n’a pas envie de finir pour en savourer chaque instant. Pour rire, pour pleurer ou pour se donner du courage les jours où on a l'impression d'en avoir moins.

 

Ce fût un privilège pour moi de te connaître mon ami et où que tu sois, une partie de toi reste encore ici.

 

 

 

2-Peur de la mort ou peur de mourir?

 

«Je n'ai pas peur de mourir parce que je ne connais pas la mort.  Mais j'ai peur de ne plus vivre parce que je connais la vie!»

 De Anonyme, Extrait d'un film au profit de la lutte contre le sida.

 

Comme je l'ai déjà mentionné, je ne me suis jamais posé la question pourquoi moi, qu'est-ce que j'avais fait pour mériter tout cela?  Par contre, lorsque je regarde derrière moi, j'ai la conviction qu'il fallait que je passe par là pour comprendre certaines choses de la vie, pour atteindre une certaine sérénité. 

 

J'ai toujours été d'un tempérament optimiste et quoiqu'il m'arrive de voir plus sombres certains jours, j'en arrive toujours à me dire que cette maladie ne doit pas m'empêcher de vivre.  Car la peur de VIVRE est toujours plus néfaste que la peur de mourir ou la peur de la mort.   En fait, je pense qu'elle doit être la plus grande peur que l'on puisse affronter que l'on soit atteint d'une maladie incurable, handicapé ou tout simplement en bonne santé.  Alors, comment savoir quelle est notre réelle peur?  En ce qui me concerne, ce fût en y faisant face.  Cela m'a permis de faire un choix et ce choix fût celui de vivre. 

 

VIVRE MAINTENANT, non pas dans le passé ni dans le futur, mais MAINTENANT!  Cela n'empêche pas de faire des projets futurs, non bien au contraire, les rêves, les projets, les désirs, sont des objectifs à atteindre.  Sinon nous ne faisons que voir le train qui passe.  On a tous le choix, prendre le train ou le laisser passer.  Moi j'ai choisi de le prendre et de savourer chaque arrêt jusqu'au terminus.  Mes peurs m'accompagnent, mais ne régissent pas ma vie et lorsqu'elles ont tendances à vouloir prendre plus de place certains jours, alors je me dis que cela fait aussi partie de la vie et que je dois composer avec avant de leur donner moins d'importance. 

 

Je pense qu'il nous faut toute une vie pour apprendre à VIVRE!  La plénitude, le bonheur, la satisfaction d'une vie ne tiennent pas à sa durée, mais à sa qualité, c'est du moins ce que cette maladie m'a appris. Alors ai-je peur de Vivre, non! Peur de mourir! Peut-être puisque je ne sais pas ce qui m'attend, même si je pense que j'aurai droit à une autre vie sous quelque forme que ce soit! Peur de la mort, non!

 

Au bout du compte, toutes ses interrogations, ses incertitudes, ne sauront trouver écho que lorsque je serai morte, départie de mon enveloppe charnelle sur cette terre.  J'ose espérer que mes convictions ne sont pas utopiques et que j'aurai les réponses à ce moment-là.  Entre-temps, au-delà de toutes ses interrogations, il me faut VIVRE et SAVOURER chaque INSTANT, car c'est ce qui est le plus IMPORTANT, le MOMENT PRÉSENT.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

1-Peur de la mort ou peur de mourir?

LE DESTIN DES HOMMES EST DE MOURIR.  POURQUOI M'ATTRISTER, ALORS QUE MON SORT EST NORMAL ET QUE MON DESTIN EST CELUI DE TOUS LES HOMMES?

 Lao Tseu, Traité du vide parfait, env. 400 ap.J-C.

 

J'ai eu envie d'écrire sur ce sujet, puisqu'inévitablement lorsqu'on apprend qu'un proche ou nous-mêmes sommes atteint d'une maladie incurable nous pensons à la mort.  Je me suis interrogée sur ma propre mort et sur le mal-être profond qui me rongeait l'intérieur à l'idée même de celle-ci.  Avais-je peur de la mort ou bien peur de mourir? 

 

Il y tant de questions qui trottaient dans ma tête, que se passe-t-il après la mort? Que devient-on après la mort? Est-ce que la réincarnation existe?  Le paradis et l'enfer existent-ils vraiment? Pourquoi mourir et pourquoi maintenant? Tant de questions et très peu de réponses si ce n'est que quelques pistes qui m'aide à accepter que je vais mourir un jour et que je ne sais pas quand cet évènement arrivera. 

 

Comme bien des gens, je suis de religion catholique, j'ai été baptisée, j'ai fait ma première communion, je n'ai jamais été mariée, mais je recevrai les derniers sacrements.  Même si je ne pratique  pas ma religion, j'ai développé aux cours des dernières années, une spiritualité. Je ne crois pas en l'Église mais encore aujourd'hui je ne suis pas certaine si je crois en Dieu ou en un Être supérieur.  Je vague entre l'idée d'un Dieu tout puissant inculqué par l'éducation catholique que j'ai reçue ou l'invention d'un groupe d'hommes avide de conquérir et d'aliéner un peuple afin d'assouvir  leurs soifs de pouvoir et d'argent.   

 

Malgré toutes ses interrogations au fil du temps s'est installée en moi, une paix intérieure et la certitude que quelque chose de plus grand que moi régit mon existence.  Appelons-le Dieu, Être suprême, Boudha, Allah, Énergie, Spiritualité, peu importe, j'ai amorcé des pistes de réponses à mes interrogations ce qui fait qu'aujourd'hui j'ai atteint une certaine sérénité face à la mort et que la peur de mourir ne m'angoisse plus comme avant.  J'ai encore quelques moments de révolte face à la mort d'amis(es) de proches ou de parents, mais après quelque temps j'arrive à accepter l'inévitable même si bien des fois je trouve que la grande faucheuse est arrivée trop tôt dans la vie de certaines personnes.

 

Ce qui est le plus difficile avec la mort, c'est de savoir que nous ne verrons plus les personnes que nous aimons, que nous ne pourrons plus sentir leurs odeurs, les prendre dans nos bras ou tout simplement leur dire que nous les aimons.  Il y a quelques années, ma grand-mère maternelle est décédée à l'âge de 101 ans, je m'occupais de ses obsèques et je voulais écrire quelque chose qui reflèterait ce qu'elle  nous aurait dit si elle avait pu.  En fouillant sur internet afin de trouver l'inspiration je suis tombée sur ce poème qui m'a tellement bouleversée et en même temps réconfortée. 

 

Je partage donc avec vous ce poème écrit par Charles Peguy suite à la perte d'un être cher.

 

 

Le fil n'est pas coupé.

 

La mort n'est rien.

 

Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes vous.

 

Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.

 

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.

 

Parlez de moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.

 

Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.

 

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été.

 

Le fil n'est pas coupé.

 

Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de votre vue ?

 

Je vous attends.

 

Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.

 

 

 

 

 

 

 

 

Et encore une de partie!

J'ai été bien silencieuse depuis mon retour de Paris. Bon, la bronchite me colle aux poumons, mais surtout, parce que je suis triste et en colère.  Colère dirigée vers ce maudit cancer qui me ravit quand ce n'est pas la famille, des amis (es). Dernièrement c'est mon amie Michèle qui nous a quittée après une année de combat contre la leucémie.  Je sais bien qu'il nous faut mourir, mais ça me met en rogne quand c'est le cancer qui gagne. J'sais pas, c'est comme si tous les efforts que l'on mettait  a le combattre étaient inutiles et ne nous donnaient que du temps en attendant le round final. Toujours est-il que Michèle s'est éteinte dimanche dernier après trois semaines de douleurs. Je n'ai pas pu aller la voir étant donné ma bronchite, mais je sais qu'elle a reçu mes messages d'amour et d'amitié.

 

Malgré ma peine et ma colère, je sais qu'elle est partie sereinement. Elle a eu une belle vie entourée de son mari toujours amoureux d'elle après plus de 35 ans de mariage.  Un fils qui lui a donné une bru qu'elle considérait comme sa propre fille et finalement deux beaux petits garçons qu'elle a eu plaisir à garder, choyer et aimer.

 

Michèle incarnait la joie de vivre, l'optimisme sans limites. Son sourire nous manquera, elle qui adorait la vie et la croquait à pleine dent. Elle a consacré sa vie aux personnes vivant avec une dificience intellectuelle, les aidant à développer leur capacité. Même après sa retraite, elle a continué comme bénévole dans ce milieu. Elle nous a fait découvrir un monde où l'amour est prédominant.

 

Nous étions plus d'une centaine, lors de son service funèbre. Parents, amis(es), collègues de travail  étaient au rendez-vous pour lui dire un dernier au revoir. Tous nous avons ri et pleuré, touché par la vidéo des meilleurs moments de sa vie. Des chansons louangeant la vie, l'amour et l'amitié, un dernier mot de sa part pour nous dire combien elle nous a aimé et enfin,  une envolée de colombe en son honneur.

 

Tu nous manques déjà Michèle, tu resteras toujours gravée dans nos coeurs. Merci d'avoir été sur mon chemin, ce fut un plaisir de grandir à tes côtés.

 

Repose en paix mon amie.

 

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Deuil | Etre positif | La mort | Mes inspirations | Réflexion

Au revoir mon amie, ma soeur de combat, ma belle Mélodie.

 

Hier après-midi, alors qu'il faisait un ciel magnifique et qu'une odeur de printemps venait chatouiller mes narines, mon amie, ma soeur de combat, ma belle Mélodie s'est éteinte après une lutte contre cette terrible maladie;  le cancer cérébral. Mélodie avait 27 ans et des poussières et a découvert pour la première fois son cancer, un oligodendrogliome en 2009, au moment même où je vivais une récidive de cette même tumeur. C'est l'an dernier qu'on lui a annoncé une récidive et une mutation en glioblastome, alors que je vivais la possibilité d'une 3ieme rechute. Jusqu'à là, elle en France et moi au Québec, nous avions peu de chance de faire connaissance, mais la vie étant ce qu'elle est, les grands esprits se rencontrant, nous avons ouvert chacune de notre côté un blogue, afin de transmettre un peu de notre vécu, un peu de notre espoir, mais surtout la joie d'être toujours vivante. C'est donc ainsi que nos chemins se sont croisés.

 

 

Mélodie aurait pu être ma fille et à vrai dire, si j'avais eu une fille j'aurais aimé qu'elle lui ressemble. Sensible, espiègle, positive et ayant beaucoup d'humour. Elle avait toujours ce regard d'enfant sur la vie, les personnes et les évènements. Sa passion pour la vie, son envie de tout voir, tout connaitre, les lieux, les personnes, il dégageait d'elle une aura, une sagesse que peu de personnes possèdent. C'est sans doute pour cela et malgré la distance qui nous séparait, que nous sommes devenues amies. Elle sera toujours pour moi, ma belle Mélodie et lorsque je penserai à elle se sera avec la nostalgie de nos conversations.

 

 

À Mérode son âme soeur, je sais qu'elle te manquera énormément, mais je sais aussi que de là haut, elle veillera sur toi et mettra sur ton passage des personnes qui sauront t'aider à passer ce mauvais moment. Aux parents, frères et soeurs, une partie de vous-mêmes s'en est allée avec elle, mais en revanche, une partie d'elle-même restera en vous. Dans les moments difficiles, souvenez-vous de son courage, de sa ténacité, de sa joie de vivre. Enfin, aux amis(es) n'oubliez jamais qu'elle vous aura transmis un peu de cette étincelle qui brillait au fond d'elle-même.

 

 

LIFE IS BEAUTIFUL, oui ma belle, mais pas aujourd'hui!

 

 

Adieu mon amour, mon ami, mon chien.

 

Dimanche 19 février 2012, c'est une journée triste et une date que je ne pourrai jamais oublier.  Mon compagnon des derniers mois, mon chien Scott vient de nous quitter et  s'il y a un paradis pour  les animaux, alors il est allé rejoindre mon vieux Shadow.  Pour ceux qui avez connu Scott, vous savez à quel point il était un chien exceptionnel.  Une grosse patate plein d'amour et de tendresse et pas une once de malice.   J'ai raconté dans un précédent billet de quelle manière il était arrivé dans ma vie.  Même si la douleur m'habite, je ne regrette rien car nous avons vécu des très beaux moments ensemble et je suis heureuse d'avoir pu lui donner amour et tendresse, il le méritait bien et en retour il a su me combler de bonheur.

 

Repose en paix mon ami et merci d'avoir été dans ma vie.

 

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Deuil | La mort | Remerciements

Comment mourir!

Aujourd'hui alors que je prenais mon café en cette merveilleuse journée ensoleillée d'octobre, je suis tombée sur cet article du Journal de Montréal. Je ne sais pas si le sujet va vous interpeller. En ce qui me concerne, j'ai toujours eu la conviction que nous devrions avoir le droit de choisir comment mourir! La mort ne fait-elle pas partie de la vie et est une fin inévitable! J'aimerais avoir votre opinion sur le sujet.

 

Chroniques Isabelle Maréchal - Journal de Montréal.

 

 

Je m'en souviendrais toute ma vie. Alors jeune reporter, j'ai réalisé une série sur le droit de mourir dans la dignité. Cela s'intitulait Où mourir.

 

Pendant plusieurs mois, j'ai suivi trois cancéreux en phase terminale qui souhaitaient tous mourir chez eux. La maladie en a décidé autrement. La patiente de 65 ans atteinte d'un cancer des poumons s'est retrouvée en fin de vie dans un corridor d'hôpital; la femme de 42 ans atteinte d'un cancer du foie a passé ses dernières semaines aux soins palliatifs de l'hôpital Royal-Victoria; seul l'homme atteint d'un cancer des os a pu finir sa vie chez lui, mais dopé à la morphine qu'il s'injectait lui-même grâce à une pompe mobile. Lorsqu'il est mort, les siens n'en pouvaient plus. Ils étaient épuisés, rompus par la mort lente et terrible de celui qu'ils aimaient et par les soins qu'ils avaient dû prodiguer. Je me suis souvent demandé par la suite lequel était mort de façon la plus humaine.

 

Mourir dans la dignité

 

C'est à cette question entre autres que la Commission spéciale sur la question de mourir dans la dignité devrait s'attarder. Le rapport de ce groupe de travail doit être déposé sous peu. Je crains déjà que ses conclusions ne nous mènent là où nous sommes déjà: dans le No man's land du statu quo. On va réitérer qu'on ne peut choisir sa mort, que malgré les pires souffrances, il faut se résigner à attendre, qu'il faudrait un meilleur encadrement de la fin de la vie, et la fin de l'acharnement thérapeutique qui sévit encore dans nos hôpitaux.

 

Un peu d'humanité svp!

 

On va réitérer que l'euthanasie est illégale, que le suicide assisté n'est pas une option, et qu'il faut se protéger des abus que cela pourrait créer. Qui va avoir le courage de dire que mourir dans la dignité ne peut être une question, mais une affirmation? Qui aura cette humanité? On passe notre temps à vouloir réussir notre vie. Pourquoi ne pas réussir notre mort?

 

La mort devant soi

 

J'ai un ami qui n'en a plus pour très longtemps. Une foutue de tumeur au cerveau, mais toute sa tête. «Je ne suis pas capable de tirer la plogue.» C'est ce qu'il m'a dit comme pour s'excuser de manquer de courage devant sa propre mort.

 

Il a peur de mourir. Comme moi. Comme vous. Il est au bord du quai, mais voudrait bien que le train ne vienne jamais.

 

On ne sait pas comment mourir parce qu'on a fait de la mort un sujet tabou. On l'ignore en pensant qu'elle fera pareil. On s'invente un après réconfortant, alors que c'est la fin de notre vie qui devrait l'être.

 

Accompagner des humains

 

On a peur de souffrir, d'agoniser, d'étouffer. Avez-vous déjà entendu le râle de désespoir du mourant? Il faut soulager, ne plus garder en vie par principe.

 

Pour accompagner des humains dans la mort, il faut des équipes formées pour ça. Il y en a peu. On n'enseigne pas ça dans les écoles de médecine.

 

Il faudrait aussi des ressources. Il manque au moins 1300 lits en soins palliatifs au Québec.

 

Mourir est sans doute l'étape la plus intime et la plus fondamentale de notre vie. Elle demande du respect. Mourir dans la dignité, c'est avoir le droit d'être conscient de sa propre mort. Et de partir au moment choisi. Ce qui peut aussi dire d'attendre que la mort décide.