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L'après chimio 2 -Dommages collatéraux-1

Janvier 2010, j'ai rendez-vous avec mon oncologue pour un examen de routine, trois mois se sont écoulés depuis la fin de ma chimiothérapie. Je suis quelque peu nerveuse et anxieuse, mais mis à part la perte d'énergie, les vertiges, les douleurs ressenties dans les muscles, les os et l'insomnie, je peux dire que tout va bien. Comme je signalais ces symptômes que je croyais résiduels de la chimiothérapie, quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre me dire que ce n'était pas normal. Chanceuse, j'ai pu passer dans l'après-midi  en médecine nucléaire pour une scintigraphie osseuse, afin de déterminer si je ne développais pas des métastases osseuses. Merci! Ce ne fut pas le cas. Je fus donc dirigée en médecine interne pour déterminer la cause de ces douleurs.

 

J'aime bien le principe de la médecine interne, au lieu d'être hospitalisée pendant des jours à attendre les examens, on fait venir le patient à l'hôpital vers 9:00am jusqu'à environ 16:00pm. Durant cette période on nous passe les examens appropriés et on rencontre des médecins internes. Après quelques jours le verdict tomba. Fibromyalgie!

 

La fibromyalgie est un syndrome caractérisé par des douleurs diffuses dans tout le corps, elle est souvent associée à une grande fatigue et à des troubles du sommeil. Il y a plusieurs facteurs déclenchant ce syndrome, en ce qui me concerne ce fut naturellement le traumatisme des deux opérations et chimiothérapies. Il n'y a pas réellement de guérison, mais des traitements sont offert afin de contrer la douleur, l'insomnie, la dépression et autres symptômes. Alors qu'il y a quelques mois je refusais les antidépresseurs pour mes idées suicidaires lors des traitements de chimiothérapie, je repartais avec une prescription d'Elavil, un antidépresseur utilisé comme antidouleur et pour ses effets sur les troubles du sommeil et la fatigue. Faut croire que la douleur était plus intense que mes idées suicidaires!  

 

 

En collaboration avec mon médecin traitant, on a augmenté la dose jusqu'à ce que la douleur disparaisse. J'ai réglé mes problèmes d'insomnies, quoiqu'il m'arrive encore d'en avoir, mais rarement,  par contre la fatigue est toujours là. Il y a des périodes qui sont plus difficiles que d'autres, mais en général, j'ai une belle qualité de vie.

Plus fou que ça...tumeur!

 Il y a quelques mois, alors que je débutais ce blog, une amie m'a suggéré ce livre en me disant: ''elle me fait tellement penser à toi, lis ça je pense que tu vas bien rire''.  Je suis donc allée voir sur internet et j'ai commencé à lire quelques extraits qui m'ont fait bien rire.  Je vous conseille ce livre parce que Véronique Lettre une des coauteurs a su nous décrire son combat avec beaucoup d'humourVoici donc un extrait:

 

''Je m'appelle Véronique.  Jeune publicitaire de trente-sept ans, j'ai trois  enfants en garde partagée, deux chats à temps plein et...cancer cérébral.  Ce roman raconte mon histoire.  J'ai reçu mon diagnostic en mars 2009.  Ma famille et mes amis m'ont rapidement submergée de livres recommandés.  Tous avaient les meilleures intentions du monde, mais je trouvais ces lectures lourdes et déprimantes.  Vivre le cancer est déjà assez difficile, je n'avais pas le goût de lire des ouvrages sérieux et profonds sur le sujet.

 

J'avais besoin de rire, de dédramatiser pour affronter les mois difficiles qui m'attendaient.  Alors je me suis dit: <<Pourquoi ne pas écrire moi-même le livre que j'aurais tant aimé avoir sous la main?>> C'est ainsi que je devenue la Bridget Jones du cancer!  Peut-être que certains seront offusqués par mes propos car, après tout, comment peut-on rire d'un sujet aussi grave?  C'est vrai.  Le cancer, ce n'est pas drôle.  Mais mieux vaut en rire qu'en mourir.  Alors, prenez le parti d'en rire avec moi! ''

Vidéo résonnance magnétique

 

Aujourd'hui en cette journée pluvieuse, eh oui! il faut bien en avoir des journées comme cela, je me disais, pourquoi pas offrir une petite vidéo pour ceux et celles qui voudraient savoir comment cela se passe une résonnance magnétique. Je n’ai rien trouvé  fait au Québec, par contre nos amis  suisse, nous offre cette vidéo, alors d'où que vous soyez, n'oubliez pas qu'en principe cela se passe comme dans cette vidéo, mais en ce qui concerne les frais, renseignez-vous auprès de votre médecin pour connaître les coûts.

 

Parcours d'une combattante...........suite 2

Me voilà donc assise dans le bureau de la neuropsychiatre et de son infirmière à raconter ce que je vis, ce qui me fait peur, à savoir ces idées suicidaires  alors que je combats de toutes mes forces cette maladie. J’ai passé 2 heures  à raconter ma vie, de ma naissance à ce jour. De la façon dont j’ai réagi face aux évènements  et je dois dire, que mon parcours de vie n’a pas été sans embûches.

 

J’ai vécu l’alcoolisme d’un parent, foyer nourricier, vol à main armée à plusieurs reprises à l’institution financière où je travaillais, prise d’otage et meurtre d’un gardien sécurité toujours à cette même banque. J’ai parlé de ma vie amoureuse, des hauts et des bas, des déceptions, des espoirs, bref tout ce à quoi je pensai à ce moment-là.

 

Je n’allai pas là pour faire une thérapie, mais pour savoir ce qui n’allait pas chez moi. Elle m’expliqua qu’elle doutait que je sois dépressive, car d’après elle, j’étais une résiliente, en fait je résiste bien aux épreuves de la vie et  ce que je vivais était dû aux effets secondaires du Témodal. Elle me suggéra quand même pour m’aider de prendre des antidépresseurs. Soulagée de savoir que ce n’était que passager, j’ai refusé les antidépresseurs, mais nous avons convenu que si cela devenait trop difficile à vivre, que je n’avais qu’à revenir pour en parler. Je ne l’ai jamais revue, lorsque ces idées revenaient à la charge, je me disais que ce n’était que temporaire, que tout cela finirait avec les traitements, ce qui fût le cas.

 

Il ne faut pas nier la possibilité d’une dépression durant les traitements chimiothérapies, ni refuser l’aide d’un professionnel ou d’antidépressif. En ce qui me concerne, je savais que j’y arriverais sans eux, mais j’étais aussi très consciente qu’il y avait de l’aide à portée de main au cas ou cela serait trop difficile.

Parcours d'une combattante.....suite 1

Vendredi 3 avril 2009 munit de mes pilules de chimiothérapies Témodal ainsi que de mes anti-nauséeux Kytril je m’apprête à débuter mon premier traitement.Bon, ily a aussi des effets secondaires avec le Kytril, mais de vous à moi, les quelques effets secondaires possibles peuvent être aussi causés par le Temodal.Toujours est-il, je suis donc les instructions, soit la prise du Kytril 1 heure avant la chimiothérapie.Je suis donc en pyjama, car je me dis qu’après  je monte me coucher, comme cela je ne sentirai pas les effets secondaires.

 

Espoir, espoir, que je peux donc être naïve quand je veux.Je passerai sur les détails, mais juste vous dire que le reste de la nuit j’étais assise sur la cuvette de la toilette, la tête dans le bain parce que c’était plus facile et que j’étais tellement épuisée entre la diarrhée, les nausées et vomissements que j’ai dormie sur le sol de la salle de bain, mon chien à l’entrée de la porte, piteux de me voir dans cet état.Certains se demanderont pour quoi le plancher de la salle de bain et pas le confort de mon lit. Bien, ma chambre était au deuxième étage et pas de salle de bain au deuxième, que voulez-vous, le charme des veilles maisons de plus de 75 ans..

 

Alors durant les 5 jours de chimiothérapies et pendant les 6 mois qu’ont duré le traitement, je vivrai avec les nausées, vomissements et diarrhées, et ce, malgré les prises d’anti-nauséeux de toutes sortes.Normalement, j’aurais dû n’avoir ces effets secondaires que pendant la prise de la chimiothérapie, malheureusement j’ai vécus avec les nausées et ce goût ferreux (effets secondaires du Témodal) dans la bouche durant les 6 mois, et ce, presque tous les jours.Pas facile de bien s’alimenter lorsqu’on pense ou on regarde un aliment et que la nausée pointe son nez.

 

Lorsqu’on prend des traitements de chimiothérapies on s’attend à être malade, combien de films nous ont montré des imagesde gens malades, cependant on ne nous parle pas des effets sur le moral, du changement possible de personnalité, des variations rapides de l’humeur, ni de l’après-chimiothérapie.Plusieurs penseront que ce n’est que lors de la prise en tant que telle que nous avons des effets secondaires, mais en réalité il ne s’agit pas de 5 petits jours miséreux, mais plus tôt des jours suivants, ou l’on aura l’impression de n’être pas capable de s’habiller tellement notre corps est sensible et que le simple fait de le faire nous demande un effort de volonté. Qu’il est plus facile de prendre seulement un déjeuner que 3 repas par jour, non seulement à cause des nausées, mais tout simplement, parce qu’on n’a pas réellement le goût ou bien l’énergie pour penser et exécuter un repas et qu’à la fin cela se finit avec une soupe ou bien des toasts ou des céréales.Et au moment où l’on commence a remonter la pente et que l’on a quelques jours de grâce on arrive au prochain traitement.

 

Ce n’est qu’au troisième traitement que l’idée d’en finir a fait son apparition, je revenais de Montréal à bord de ma jeep lorsque je me mis à penser qu’en frappant un mur de brique, mes problèmes seraient réglés et que je n’aurais plus à souffrir.C’était la première fois, mais pas la dernière que telles pensées m’envahissaient.Je me disais que c’était parce que j’étais épuisée et que peut-être qu’il s’agissait d’un des effets secondaires du Témodal, mais l’idée revenait par alternance.Au quatrième traitement j’en fis part à mon oncologue qui me référa à une neuropsychiatre.

Oli....................quoi!

Mars 2009, je suis assise dans la salle d'attente de l'hôpital, j'attends ma première rencontre avec mon oncologue. Je suis nerveuse et quelque peu anxieuse, il s'est passé un mois depuis l'opération. En principe, je devrais recevoir les résultats de l'analyse des tissus cérébraux et à partir de cela on devrait être en mesure de commencer les traitements. On m'annonce que la tumeur a évolué en oligoastrocytome anaplasique de grade 3. Elle n'a pas réellement besoin de m'expliquer ce que c'est, j'ai eu 9 ans pour apprendre tout ce qu'il faut savoir ou presque. Pourtant j'aimerais savoir quand même, quelle est la proportion d'oligodendrogliome et astrocytome. Impossible, trop complexe, si ce n'est que là je sais que le combat est entamé, car si l'oligodendrogliome est une tumeur a développement lent, l'astrocytome peut se propager rapidement à travers le cerveau et la moelle épinière.
   
 
Elle m'explique qu'elle n'a pas reçu les résultats concernant les chromosomes 1p et 19q mais que l'on commencera quand même les traitements de chimiothérapie et de radiothérapie. Stop! Qu'est-ce que c'est que tout ce charabia. Depuis quelques années, les études ont démontré que les modifications génétiques dans les cellules de la tumeur étaient importantes pour définir la thérapie appropriée. Il a été confirmé que des pertes de portions desdits chromosomes augmentaient le taux de survie des patients. Bref, savoir si la réponse à la chimiothérapie était positive ou non. Ce n'est qu'au troisième mois de la chimiothérapie que je recevrai la réponse: positive.    
 
 
Elle m'informa que l'on débuterait par la radiothérapie et après nous entamerions la chimiothérapie. J'étais d'accord pour la chimiothérapie et je refusai la radiothérapie alléguant les effets secondaires. Je pense qu'on a discuté plus d'une demi-heure sur le sujet avant qu'en fin de compte, elle me suggère de consulter l'oncologue en radiothérapie avant de prendre une décision. Je lui ai fait plaisir et j'ai consulté. Bien que la radiothérapie depuis quelques années se soit améliorée et que maintenant on ne cible que la partie de la tumeur, on n'a pu me prouver noir sur blanc, qu'il n'y aurait pas les mêmes effets secondaires qu'antérieurement, lors de la radiation du cerveau. Aujourd'hui peut-être en est-il autrement. Malgré tout, sachant que la tumeur risque d'évoluer en grade 4 et muter en gliobastome, je préfère encore me garder la radiothérapie comme arme de destruction massive pour une prochaine fois et qui sait d'ici ce temps-là, la science aura sans doute trouvé d'autres médicaments pour retarder la fin.    
 
 
Quelques jours plus tard, je revoyais mon oncologue pour entreprendre ma chimiothérapie avec le Temodal. Le Témodal ou le témozolomide est un médicament appelé antinéoplasiques qui lutte contre le cancer. Il prévient la croissance des cellules cancéreuses en parasitant le matériel génétique (ADN) qui est nécessaire à leur reproduction. La durée du traitement, un minimum de 12 mois à 24 mois, où je devais prendre pendant 5 jours cette chimiothérapie suivie d'une période de repos de 23 jours. En réalité, je n'ai fait que 6 mois de chimiothérapie, nous avons arrêté le tout parce que les résultats des résonnances ne démontraient aucune anomalie. J'étais heureuse, car j'en avais bavé tout au long de ses 6 derniers mois.
 

Encore toi!

Février 2009, j'ai rendez-vous avec mon neurochirurgien pour les résultats de la dernière résonnance passée en janvier dernier. Habituellement, je suis toujours accompagnée, mais aujourd'hui j'ai préféré être seule pour recevoir le verdict, car je me doute que les nouvelles ne seront pas réjouissantes. Je n'avais pas tort de m'inquiéter, c'est avec un visage défait que mon neurochirurgien m'annonce que la tumeur est revenu. Quelque part, j'avais été sa fierté en tant que patience, 9 ans sans aucune récidive. J'entends souvent dire que les médecins sont froids pour annoncer de mauvaises nouvelles. Et c'est vrai, mais il faut comprendre aussi qu'il n'y a pas cinquante-six mille manières d'annoncer de mauvaises nouvelles et qu'il faut aussi quelque part que ceux-ci se protègent. Trop d'implication personnelle empêche de prendre les bonnes décisions. Il m'avisa donc que d'ici 15 jours il allait m'opérer. Lors de ce genre d'évènement, je me laisse toujours un 24 heures d'apitoiement sur mon sort, je pleure ce que j'ai à pleurer, je vis ma peine et après je rebondis, je prends mes gants de boxe et je fonce.

 

Cet après-midi-là, j'ai erré ici et là anéanti par la nouvelle même si j'avais eu des doutes. Mais entre des doutes et certitudes, il y a une marge. En fin d'après-midi, j'annonçais la nouvelle à mon frère, il est rare que j'aie vu celui-ci pleurer, mais cette fois-ci nous avons pleuré ensemble. Nous savions par où j'allais passer et quelles étaient les probabilités que la tumeur ait muté et par le fait même influencer mon taux de survie. Le lendemain matin, on m'appela pour me dire que j'allais être opérée le lundi suivant, que mon entrée à l'hôpital était planifiée pour le dimanche. Il me restait exactement 4 jours pour mettre à jour, testament encore une fois tant financier que biologique, mandat d'inaptitude, les autorisations de divulgation de mon dossier médical, bref un tas de documents que l'on ne pense pas nécessaires, mais qui en réalité seront essentiels pour ceux qui devront prendre les décisions pour nous en cas d'inaptitude ou de décès. Il fallait aussi que je place chien et chats en pension et que j'avise tous les amis (es). Brefs, 4 jours c'est court et c'est long tout à la fois.

 

Je fus donc opérée le lundi, autant la première fois cela avait pris presque 12 heures en salle d'opération, cette fois-ci un peu plus de 5 heures. Ce n'est pas parce que les techniques opératoires se sont améliorées, mais tout simplement comme me l'a expliqué mon neurochirurgien, que le chemin avait été fait lors de la première opération. Aujourd'hui, c'est une plaque de titane que j'ai sur la partie du crâne opéré, à faire attention lorsque l'on passe aux douanes ou même encore certains magasins. Bref, lors de la première opération j'étais restée 2 semaines à l'hôpital et la première semaine a passé très vite puisque la plupart du temps je dormais amortie par les antidouleurs. Je me souviens encore que le bruit et la lumière m'était intolérable, que je gardais les stores et la porte de ma chambre d'hôpital fermés. La condition pour que l'on me donne mon billet de sortie avait été que je sorte de celle-ci et que je socialise. Pas besoin de vous dire que lors de la deuxième opération je m'étais fixée comme but de sortir de là le plus tôt possible.

 

Surprise, c'est le mal de coeur qui m'a réveillée et il est resté toute la première semaine d'hospitalisation.  J'ai repris du mieux au cours de la deuxième semaine, ce qui m'a permis de retourner en convalescence pour une autre semaine chez mon frère. Pas le choix, ordre du médecin ou je restais à l'hôpital. Je l'ai dit , j'ai la tête dure, ce qui fait qu'à la 7e journée chez mon frère, je faisais mes bagages et je retournais chez moi, non sans avoir fait un détour pour récupérer chien et chats. Merci à mon grand ami de m'avoir accompagnée pour mon retour à la maison. Home sweet Home! Quel bonheur d'être de retour chez moi, de retrouver ma maison, mes chats et chien, non pas que je n'étais pas bien chez mon frère, mais rien de tel que de se retrouver dans nos pénates.   Maintenant il me fallait être patiente et attendre mon rendez-vous avec celle qui deviendrait mon oncologue. Il me fallait attendre les résultats concernant ma tumeur. Était-elle restée simplement un oligodendrogliome ou avait-elle choisi de muter!

Quand on tourne une page!

Ma mère morte, les maux de tête firent leur apparition, j'en fis part à mon neurochirurgien ainsi que les derniers évènements. On décida de me faire passer une résonnance magnétique un peu plus tôt que prévu, dans le but d'éliminer la possibilité d'un retour de la tumeur. En décembre, j'eus donc mon résultat, négatif. J'étais contente que ce ne soit que le stress accumulé et le fait que j'étais en deuil. Il y a plusieurs étapes au deuil et à vrai dire je ne sais pas si j'ai vécu toutes les étapes. Mais je sais que pendant une année entière, les 22 de chaque mois m'étaient difficiles. Avant de partir, ma mère me fit promettre de vendre ma maison et de réaliser mon rêve d'une oasis à la campagne. Je voulais prendre une année de réflexion avant de vendre, mais chaque fois que je faisais la vaisselle, sans raison apparente, je m'effondrais en pleurs et je passais des heures assises à terre sans aucune énergie, j'émergeais de cette torpeur pour aller me coucher.
 
 
 
J'évitais donc cette pièce et au bout de quelques semaines, je mis cette dernière en vente. Le sort était jeté, un mois après elle était vendue. Je partis donc à la recherche de la perle rare, une maison à la campagne avec beaucoup de terrain et possibilité d'y ajouter une petite écurie. J'ai réalisé ce rêve en un charmant cottage blanc et vert sur un terrain de 70,000 pc dont 15,000 pc boisé et tout au fond du terrain un ruisseau. Le rêve qui se réalisait enfin! J'ai déménagé en mai 2008, le temps de faire les rénovations nécessaires j'étais tout installée en septembre. J'étais fatiguée, tant physiquement qu'émotivement. Au cours des dernières années, j'avais beaucoup donné à ma famille et j'avais mis de côté mon propre bien-être. Maintenant que je n'avais plus rien pour me distraire, je commençais à penser à ma vie aux choix que j'avais faits et aux choix que je voulais faire. J'ai vécu une période de révolte durant cet automne là. Cette dernière fût dirigée vers ma mère, je réalisai que je lui en voulais d'avoir baissé les bras lors des dernières années et dans certaines périodes de sa vie. À son anniversaire de décès, je suis donc allée sur sa tombe, je lui ai parlé, je l'ai questionné, je lui ai fait part de mes émotions et puis tout d'un coup, j'ai senti comme une libération, elle a fait ce qu'elle avait pu, ni plus ni moins. Elle avait fait ses choix et les avait tant bien que mal assumés. De ce jour, je ne lui en ai plus jamais voulu. Je vais me recueillir sur sa tombe une fois ou deux par année, et c'est toujours avec tendresse que je vais lui dire un beau bonjour à elle et ma grand-mère puisqu'elles reposent ensemble sur le même terrain. Je pense à vous les filles, où que vous soyez!
 
 
 
M'étant négligée au cours des dernières années, je me repris en main avec régime et conditionnement physique, mais cette fois-ci un peu plus mollo dans mes attentes, je voulais seulement perdre les quelques 20 livres qui s'étaient logés sur mon corps. Je me disais qu'avec un peu de discipline, en perdant ce poids je retrouverais une certaine énergie. Décembre 2008, j'attends le retour des vacances du temps des Fêtes pour enfin passer ma résonnance magnétique, j'ai un mauvais pressentiment. Je ne sais pas, c'est comme si mon corps me prévenait d'une mauvaise surprise. C'est la première fois que je parle d'un retour probable de cette tumeur. Les gens autour de moi en sont étonnés, j'ai toujours été très positive. À chaque examen, je savais que tout était beau ou tout au moins je n'avais pas ce mauvais feeling!
 
 
Mon havre de paix, mon petit coin de paradis!
 
 

Le bénévolat

 

Je me retrouvais donc libre de mon temps et j'avais besoin de m'occuper, mais surtout, de me sentir utile. Je me suis donc présentée au Centre d'Action bénévole de mon quartier pour voir ce que je pouvais faire comme bénévolat. Je débutai par demi-journée par semaine, au centre lui-même comme réceptionniste, après un mois on me transféra à la mise à jour des dossiers des bénéficiaires ainsi que des bénévoles et au bout de quelques mois, je fus responsable des Appels et Visites d'Amitiés. Il s'agissait d'une part de coordonner les appels et visites d'amitiés entre un bénévole et un bénéficiaire. La clientèle visée étant toute personne désirant briser l’isolement, souffrant de problèmes de santé mentale, de déficience intellectuelle, physique ou sensorielle causée soit par le vieillissement, problèmes de santé ou le réseau social est limité.

 

J'ai aimé m'occuper de ce dossier, je pouvais faire le suivi de chez moi, et ce, à n'importe quelle heure ou presque. J'ai eu la chance de côtoyer des personnes de tout acabit, des jeunes et des moins jeunes, des pauvres et des mieux nantis, des gens en santé et d'autres atteints d'une grave maladie. Bref, tantôt bénévole, tantôt bénéficiaire, l'isolement, la misère humaine, la fragilité des êtres qui étaient dans une situation de privation constante, des êtres frustrés par la discrimination et le harcèlement dont ils étaient victimes, des êtres vulnérables face à la maladie et à la pauvreté. On n'a pas besoin d'aller dans un pays du tiers-monde pour voir tout cela, non juste regarder autour de nous!

 

Qui n'a pas dans son entourage, un parent, une connaissance, un voisin qui vit dans l'isolement. Il faut beaucoup de courage pour sortir de cet isolement quand on est seul et que l'on ne reçoit aucune motivation de l'extérieur. Se créer de nouvelles amitiés suppose une certaine confiance en soi. Communiquer, échanger cela permet d'exprimer des émotions et partager certaines situations difficiles, mais aussi des joies que nous vivons. Bref, cette expérience m'a amenée à ouvrir les yeux et à regarder autour de moi. Un téléphone, une fois par jour à une amie isolée, une visite régulière à une autre dans un CHSLD parce qu'elle souffre de Parkinson, un bonjour et une petite discussion à un voisin que je sais complètement seul. Non pas pour faire du bénévolat en tant que tel, mais juste parce que je sais que cette petite attention peut faire toute la différence dans leur vie et qu'eux font la mienne.

 

Le Bénévolat est une ressource importante au Québec comme partout dans le monde. Que vous soyez jeune ou moins jeune, travailleur ou retraité, quel que soit votre type d'engagement à court ou à long terme, vous vivrez une expérience enrichissante et inoubliable. Vous développerez des aptitudes, vous rencontrez des personnes avec qui vous aurez des affinités. Vous agrandirez votre réseau social, mais surtout, vous apprendrez à mieux vous connaître.

Quand il faut, il faut!

Cela faisait plus de deux ans que j'avais commencé ce programme d'entraînement. J'avais perdu énormément de poids tout en connaissant des moments plateau. Pour ceux et celles qui suivent un régime, vous savez de quoi je parle. Pour les autres, c'est lorsque votre corps décide qu'il arrête de maigrir. Cela peut durer de quelques semaines à quelques mois. On a beau continuer à s'entrainer tout en suivant le même régime ou en réduisant le nombre de calories requis dans une journée, le corps lui reste au même poids. Et malheureusement, celui-ci avait décidé qu'une perte de poids de 70 livres (32 kilos) bien, c'était plus qu'assez. J'avais beau ingurgiter 900 calories par jour, je n'arrivais plus à maigrir et j'étais complètement découragée. Mon frère me proposa donc pour m'aider de créer un site web avec forum de discussion. Il s'agissait d'un site où l'on pouvait retrouver des recettes avec le nombre de calories par portion. À cela, il y avait un forum de discussion ou tous partageaient leurs expériences ou encore s'encourageaient.

 

J'ai eu beaucoup de plaisir à concevoir ce site, j'aurais aimé que des professionnels en nutrition ou en conditionnement physique se joignent à nous, malheureusement nous étions dans les premières années du WEB et jamais nous n'aurions cru à l'essor que prendrait ce médium de communication. Nous avons gardé quand même ce site en ligne un peu plus de deux ans. Durant cette période, j'ai tenté avec mes entraîneurs plusieurs essais pour perdre les quelque 10 kilos que j'avais en surplus, ceux-ci me forcèrent à augmenter le nombre de calories par jour ce qui fait que j'ai effectivement développé une masse musculaire, mais sur la balance j'avais repris du poids. À la fin, j'ai mis fin au site et au programme d'entraînement. Je voulais prendre du recul par rapport à tout cela et voir d'autres issus pour atteindre mes objectifs.

 

Me voilà donc au point de départ, trouver un but à ma vie. Tout au long de ces années, j'avais constaté le manque de ressource pour ceux atteints du cancer et notamment ceux ayant une tumeur au cerveau. Je déplorais qu'il n'y ait pas une plateforme où les gens auraient partagé leurs expériences, s'encourager, s'entraider. Un lieu où jour et nuit, ils auraient pu partager leurs peurs, leurs craintes, leur courage. Oui, il y avait la Société canadienne du cancer qui avec certains ateliers pouvait combler certaines personnes, mais moi, je pensais plutôt à un autre genre de plateforme. Ce n'est pas tout le monde qui veulent ou peuvent s'exprimer en public, certains préfèrent le faire avec une personne seulement ou le faire dans l'anonymat. Je me souviens lorsque je prenais ma chimiothérapie à l'hôpital, combien de fois les gens se sentaient, seul face à cette maladie, combien de fois ils devaient taire leur questionnement ou bien leur peur face à leur entourage. J'ai vu des femmes se retrouver complètement seule devant la maladie, leur conjoint les ayant quittés, parce qu'il était trop difficile pour eux de s'adapter aux changements qui s'opéraient chez elle. J'ai vu la déception dans le regard de ces femmes, j'ai vu et entendu tellement de regret et de désespoir, mais j'y ai aussi vu du courage et de la détermination.

 

J'ai donc décidé d'en parler avec mes médecins qui déconseillèrent une telle aventure, trop difficile émotivement. Évite les émotions fortes, le stress et l'anxiété. J'ai capitulé, croyant qu'ils avaient raison, mais dans ma tête trotte toujours un tel projet. Peut-être, enfin compte, cela débutera-t-il avec ce blogue. On verra ou cela nous mènera, la vie des fois nous fait faire tellement de détours avant d'arriver au but, peut-être parce que tout simplement ce n'est pas le bon moment et que l'on a des expériences à vivre avant d'y arriver!