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JOYEUX NOEL ET BONNE ANNÉE 2013.

 

 

Nous ne sommes plus qu’à quelques heures de Noël et j’aimerais profiter de l’occasion pour vous remercier d’être si nombreux à me lire. L’année a été remplie de rebondissement, certains auront reçu le diagnostic de tumeur cérébrale, d’autres auront perdu des êtres aimés qui combattaient ce cancer. De nouvelles thérapies verront le jour au cours des prochains mois, ce qui devrait prolonger le temps avant une récidive et qui sait, nous guérir définitivement.

 

J’aimerais vous souhaiter un très Joyeux Noel entourée des êtres que vous aimez et que l’Année 2013 soit remplie de Santé, Sérénité, Paix et Amour.

 

Cordialement, Chantal

2-Peur de la mort ou peur de mourir?

 

«Je n'ai pas peur de mourir parce que je ne connais pas la mort.  Mais j'ai peur de ne plus vivre parce que je connais la vie!»

 De Anonyme, Extrait d'un film au profit de la lutte contre le sida.

 

Comme je l'ai déjà mentionné, je ne me suis jamais posé la question pourquoi moi, qu'est-ce que j'avais fait pour mériter tout cela?  Par contre, lorsque je regarde derrière moi, j'ai la conviction qu'il fallait que je passe par là pour comprendre certaines choses de la vie, pour atteindre une certaine sérénité. 

 

J'ai toujours été d'un tempérament optimiste et quoiqu'il m'arrive de voir plus sombres certains jours, j'en arrive toujours à me dire que cette maladie ne doit pas m'empêcher de vivre.  Car la peur de VIVRE est toujours plus néfaste que la peur de mourir ou la peur de la mort.   En fait, je pense qu'elle doit être la plus grande peur que l'on puisse affronter que l'on soit atteint d'une maladie incurable, handicapé ou tout simplement en bonne santé.  Alors, comment savoir quelle est notre réelle peur?  En ce qui me concerne, ce fût en y faisant face.  Cela m'a permis de faire un choix et ce choix fût celui de vivre. 

 

VIVRE MAINTENANT, non pas dans le passé ni dans le futur, mais MAINTENANT!  Cela n'empêche pas de faire des projets futurs, non bien au contraire, les rêves, les projets, les désirs, sont des objectifs à atteindre.  Sinon nous ne faisons que voir le train qui passe.  On a tous le choix, prendre le train ou le laisser passer.  Moi j'ai choisi de le prendre et de savourer chaque arrêt jusqu'au terminus.  Mes peurs m'accompagnent, mais ne régissent pas ma vie et lorsqu'elles ont tendances à vouloir prendre plus de place certains jours, alors je me dis que cela fait aussi partie de la vie et que je dois composer avec avant de leur donner moins d'importance. 

 

Je pense qu'il nous faut toute une vie pour apprendre à VIVRE!  La plénitude, le bonheur, la satisfaction d'une vie ne tiennent pas à sa durée, mais à sa qualité, c'est du moins ce que cette maladie m'a appris. Alors ai-je peur de Vivre, non! Peur de mourir! Peut-être puisque je ne sais pas ce qui m'attend, même si je pense que j'aurai droit à une autre vie sous quelque forme que ce soit! Peur de la mort, non!

 

Au bout du compte, toutes ses interrogations, ses incertitudes, ne sauront trouver écho que lorsque je serai morte, départie de mon enveloppe charnelle sur cette terre.  J'ose espérer que mes convictions ne sont pas utopiques et que j'aurai les réponses à ce moment-là.  Entre-temps, au-delà de toutes ses interrogations, il me faut VIVRE et SAVOURER chaque INSTANT, car c'est ce qui est le plus IMPORTANT, le MOMENT PRÉSENT.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Eh maman, y-a-t-il autre chose après?

Au cours des dernières années, j'ai eu la chance de développer une grande complicité avec ma mère. Nous avons parlé d'amour, d'amitié, de famille, d'enfant, de mort, autant la sienne que la mienne. J'ai toujours cru à la réincarnation, allez savoir pourquoi, mais depuis toute jeune, j'ai la certitude d'une autre vie après la mort ainsi qu'à la réincarnation. L'évolution de l'être humain tend à indiquer qu'il y a un but, la perfection. Cela ne saurait se réaliser dans une existence unique si longue et si fructueuse soit elle. C'est, je crois,par nos propres efforts, nos luttes, nos souffrances que notre âme s'élève. Entre nos réincarnations, je pense qu'il doit y avoir un lieu où nous pouvons voir notre évolution, ce que l'on a appris, corrigé, construit et nous pouvons choisir pour la prochaine vie, quels seront nos objectifs.
 
 
Ma mère était athée. Entendons-nous, comme les gens de sa génération, elle a vécu sous le joug de la religion catholique. Enfant pendant la guerre, elle vécut avec ses soeurs au couvent. Elle y vécut très malheureuse, haïssant l'injustice dont elle était victime plus souvent qu'à son tour, étant réfractaire à la discipline du couvent. Des années plus tard, lorsqu'elle demanda le divorce, elle fût exaspérée par l'étroitesse d'esprit de la religion catholique. Elle nous disait que ce n'était qu'un tas d'ineptie, que si Dieu était Amour, alors pourquoi tant d'injustice dans ce monde. Pourquoi tolérer les guerres s'il détenait le pouvoir de les empêcher. Pourquoi voir un enfant souffrir d'une grave maladie, s'il pouvait l'en guérir. J'étais désolée qu'elle soit dans cet état d'esprit devant sa propre mort, j'aurais voulu qu'elle puisse partir plus sereinement, sans remords et sans regret.
 
 
Au cours des dernières semaines de sa vie, j'ai tenté à plusieurs reprises de l'amener à l'idée qu'il y avait une autre vie après sa mort. Un lieu où elle pourrait se reposer et comprendre. Jamais je n'aurais imaginé que ce serait par l'intermédiaire d'un aumônier qu'elle vivrait ses derniers moments en toute sérénité. Durant son premier séjour à l'hôpital en attendant son verdict, elle avait reçu la visite de ce dernier qui voulait simplement soit lui parler ou l'écouter, elle l'a toujours mis à la porte. Quelques jours avant de mourir, alors que j'étais assise à son chevet, ce dernier passa lui dire un petit bonjour, quelle ne fut pas ma surprise, lorsqu'elle me pria de la laisser seule quelques moments, avec ce dernier. J'ai quitté la chambre, mais je suis restée dans le corridor pas trop loin où je pouvais voir sans entendre ce qui se disait. J'ai vu alors une femme se transformer, je ne saurai jamais ce qui s'est dit, mais il a su trouver les mots. Lorsque je suis revenue, elle m'a simplement dit qu'elle n'en aurait pas pour longtemps, qu'elle pouvait maintenant partir.
 
 
Elle s'éteignit dans les bras de mon frère, trois jours plus tard, soit le 22 octobre à 23hr30. Nous quittâmes mon frère et moi l'hôpital quelques heures plus tard. Nous avions voulu l'accompagner jusqu'à son dernier souffle, mais aussi jusqu'à ce que le médecin la déclare officiellement morte. Allez savoir pourquoi, sans en avoir parlé préalablement, nous tenions à nous faire confirmer sa mort alors que nous en avions été témoins. J'arrivais donc chez moi épuisée et directement je me suis dirigée vers mon lit pour enfin passer une bonne nuit de sommeil. Cela faisait à peine quelques minutes que j'étais couchée, j'étais ,vous savez, juste au moment où l'on sait que l'on va s'endormir, lorsque j'ai senti la présence de ma mère qui s'allongeait à côté de moi et qui m'enlaça avant de me murmurer: il y a quelque chose après, c'est si beau, si tu savais. J'ai réellement senti les bras de ma mère autour de moi, j'ai réellement entendu sa voix dans ma tête, je n'étais sous l'influence d'aucune drogue, alcool ou pilule. Lorsque j'en ai parlé avec mon frère, il m'a crue, pour lui cela était normal, elle venait me rassurer, elle était bien. Alors maman, quand viendra mon tour, j'espère que tu seras là pour m'accueillir.

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