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Ah ce fameux lâcher-prise!

À partir du moment où j’ai pris conscience de cette colère et des raisons de celle-ci, il s’est amorcé un processus de lâcher-prise. Ne croyez pas que cela se fait si facilement, mais je crois que la première étape est justement la prise de conscience. Devenir consciente de mon émotion face à ce qui arrive, consciente de l’absurdité du contrôle sur ce que je ne peux changer ni influencer. Sans parler de devenir consciente de toute la perte d’énergie et de bien-être que représente cette colère.

 

 

Je pense aussi qu’un des principes du lâcher-prise est de faire le deuil de quelque chose ou d’une croyance, mais d’autres fois je pense que c’est également faire le deuil du résultat, puisque celui-ci n’est pas entièrement sous notre contrôle. Certes, il faut parfois se poser la question : faire le deuil de quoi? Il y a effectivement des deuils plus faciles à faire que d’autres, mais je pense qu’il est possible dans toutes les circonstances de faire un deuil . Évidemment, cela implique parfois de nous changer nous-mêmes ou encore, de nous accepter dans nos limites. Mais le plus important, je crois, c’est d’accepter de laisser aller un certain contrôle.

 

 

Je crois aussi que l’élément essentiel au lâcher-prise est la confiance. La confiance en nos capacités, et une des façons d’accroître cette dernière est d’éliminer les peurs dans notre vie en les identifiant et en changeant nos croyances. Pas si évident à faire, n’est-ce pas! Là vous me direz : mais ce que tu parles, c’est d’être positive! Non, être positive et lâcher prise sont deux choses totalement différentes pour moi.

 

 

Être positive, c’est d’être consciente que je suis en vie et que je suis maître de celle-ci. Il y a bien des moments difficiles à passer, mais cela fait partie des évènements négatifs de la vie. Cependant il y a aussi des moments positifs, comme un rayon de soleil, un éclat de rire, être avec les gens que l’on aime. L’important c’est quelque soi les évènements ou les difficultés rencontrer, j’ai le choix entre subir la situation ou accepter dans tirer le meilleur parti possible selon les circonstances, mes capacités de réaction, mon désir de faire mieux.

 

 

Quant au lâcher-prise, bien c’est d’accepter mes limites. Car à force d’essayer de tout contrôler, je gaspille mon énergie et je perds ma sérénité. Mais alors, comment en arriver à un lâcher-prise ? Après la prise de conscience vient le moment de s’exercer à demeurer dans le présent, ici et maintenant avec ce qui est. Je m’explique, il ne s’agit pas de se résigner, non, mais être consciente de mes limites. Ainsi, en renonçant à contrôler l’avenir, je reste dans le présent, ici et maintenant ! Le lâcher-prise c’est aussi cesser de tenter d’avoir des garanties quant à l’avenir. Eh oui ! Je vous l’avis dit, pas si facile que cela !

 

 

Mais alors, comment s’y prendre ? En ce qui me concerne, c’est premièrement mettre un peu de spiritualité en confiant que se soit à Dieu, a un Être suprême ou tout simplement à la Vie, la prière des Alcooliques Anonymes : ''Donnez-moi la sérénité d’accepter les choses que ne peux changer, le courage de changer celles que je peux et la sagesse dans connaître la différence.'' Ensuite,  me concentrer sur ma respiration en repoussant à chaque expiration ma colère ou mes peurs et en inspirant faire entrer la confiance, le calme et la sérénité. Je crois qu’en créant des rites pour se séparer de ce qui nous fait mal, que ce soit des techniques de visualisation, de respiration ou encore, l’écriture, tout cela nous aide à faire ce lâcher-prise. Il ne s’agit pas de rester tout simplement calme ou zen, mais bel et bien être capable de se concentrer sur ce que nous pouvons changer et accepter ce que nous ne pouvons changer et ainsi éliminer nos peurs.

Être positif dans la maladie!

J’ai toujours été positive dans ma vie et plus particulièrement depuis ces dernières années où ma vie a pris un virage à 180 degrés. Je ne mérite pas nécessairement l’admiration pour ce positivisme, je suis faite ainsi. Cependant,  à certaines occasions, il m’est arrivé d’être moins positive d’après certaines personnes. Moi, je dirai plutôt plus réaliste vis-à-vis de la maladie et de ce qui m’attendait. Je me suis aperçu que de parler de mes craintes, des conséquences de la maladie, de ce que je voulais ou espérait, de la mort en général et plus particulièrement la mienne effrayait mon entourage. Ils avaient beau dire reste positive, ne pense pas à cela sinon tu vas attirer le pire, j’ai compris que cela les rassuraient et évitaient de les confronter avec la réalité des choses.

 

J’ai même eu un ami proche qui m’a dit cet été : J’peux mourir avant toi, d’un ACV ou d’un accident. Et il avait raison, mais ce qu’il n’a pas compris comme beaucoup d’autres, c’est que je suis plus consciente que je risque de mourir de cette tumeur. Chaque jour, je remercie la vie d’être encore ici et de me permettre de réaliser mes rêves. S’interroger, se renseigner, mettre nos dossiers à jour, parler de la mort ne fait pas de nous des êtres négatifs, mais plutôt, je crois qu’inconsciemment on se prépare à ce qui risque d’arriver. Cela nous permettra d’y faire face avec plus de sérénité le moment venu.

 

 

On a tous un jour ou l’autre côtoyé des personnes négatives. Elles sont léthargiques, tristes, ennuyeuses et ne connaissent pas le bonheur. Il est d’ailleurs facile de se laisser envahir par le négativisme quand les journées s’étendent vides de toute obligation à accomplir. Au contraire, les personnes positives ont une joie de vivre et une grande vitalité, et ce, même en étant malade. Elles se fixent des objectifs et agissent en conséquence pour les atteindre. Elles se découvrent des passions, que ce soit la lecture, le jardinage, la cuisine ou toute autre chose. Elles prennent le temps de vivre ses passions. Enfin elles sourient et rient de bon cœur, on sent chez elles la joie de vivre.

 

 

Il est normal d’avoir des peurs, des craintes, des interrogations ou tout simplement tanné de vivre cette maladie. Il est normal que vos proches ne se sentent pas à l’aise avec vos états d’âme et que cela les ramène à leurs propres peurs, craintes et interrogations. Cependant, je pense qu’il faut profiter de ces moments pour être vrai les uns vis-à-vis les autres. C’est une occasion qui nous est donnée pour laisser tomber les masques, parler de ce qui est important, expliquer, pardonner, bref ne pas attendre à la toute fin. Mais entre-temps, prenons le temps de vivre notre vie, les jours qui nous sont donnés. Prenons le temps de se créer un avenir avec des projets pleins la tête et des rêves à réaliser. Prenons le temps d’apprécier la vie pour ce qu’elle a à nous donner.

Le bénévolat

 

Je me retrouvais donc libre de mon temps et j'avais besoin de m'occuper, mais surtout, de me sentir utile. Je me suis donc présentée au Centre d'Action bénévole de mon quartier pour voir ce que je pouvais faire comme bénévolat. Je débutai par demi-journée par semaine, au centre lui-même comme réceptionniste, après un mois on me transféra à la mise à jour des dossiers des bénéficiaires ainsi que des bénévoles et au bout de quelques mois, je fus responsable des Appels et Visites d'Amitiés. Il s'agissait d'une part de coordonner les appels et visites d'amitiés entre un bénévole et un bénéficiaire. La clientèle visée étant toute personne désirant briser l’isolement, souffrant de problèmes de santé mentale, de déficience intellectuelle, physique ou sensorielle causée soit par le vieillissement, problèmes de santé ou le réseau social est limité.

 

J'ai aimé m'occuper de ce dossier, je pouvais faire le suivi de chez moi, et ce, à n'importe quelle heure ou presque. J'ai eu la chance de côtoyer des personnes de tout acabit, des jeunes et des moins jeunes, des pauvres et des mieux nantis, des gens en santé et d'autres atteints d'une grave maladie. Bref, tantôt bénévole, tantôt bénéficiaire, l'isolement, la misère humaine, la fragilité des êtres qui étaient dans une situation de privation constante, des êtres frustrés par la discrimination et le harcèlement dont ils étaient victimes, des êtres vulnérables face à la maladie et à la pauvreté. On n'a pas besoin d'aller dans un pays du tiers-monde pour voir tout cela, non juste regarder autour de nous!

 

Qui n'a pas dans son entourage, un parent, une connaissance, un voisin qui vit dans l'isolement. Il faut beaucoup de courage pour sortir de cet isolement quand on est seul et que l'on ne reçoit aucune motivation de l'extérieur. Se créer de nouvelles amitiés suppose une certaine confiance en soi. Communiquer, échanger cela permet d'exprimer des émotions et partager certaines situations difficiles, mais aussi des joies que nous vivons. Bref, cette expérience m'a amenée à ouvrir les yeux et à regarder autour de moi. Un téléphone, une fois par jour à une amie isolée, une visite régulière à une autre dans un CHSLD parce qu'elle souffre de Parkinson, un bonjour et une petite discussion à un voisin que je sais complètement seul. Non pas pour faire du bénévolat en tant que tel, mais juste parce que je sais que cette petite attention peut faire toute la différence dans leur vie et qu'eux font la mienne.

 

Le Bénévolat est une ressource importante au Québec comme partout dans le monde. Que vous soyez jeune ou moins jeune, travailleur ou retraité, quel que soit votre type d'engagement à court ou à long terme, vous vivrez une expérience enrichissante et inoubliable. Vous développerez des aptitudes, vous rencontrez des personnes avec qui vous aurez des affinités. Vous agrandirez votre réseau social, mais surtout, vous apprendrez à mieux vous connaître.

Quand il faut, il faut!

Cela faisait plus de deux ans que j'avais commencé ce programme d'entraînement. J'avais perdu énormément de poids tout en connaissant des moments plateau. Pour ceux et celles qui suivent un régime, vous savez de quoi je parle. Pour les autres, c'est lorsque votre corps décide qu'il arrête de maigrir. Cela peut durer de quelques semaines à quelques mois. On a beau continuer à s'entrainer tout en suivant le même régime ou en réduisant le nombre de calories requis dans une journée, le corps lui reste au même poids. Et malheureusement, celui-ci avait décidé qu'une perte de poids de 70 livres (32 kilos) bien, c'était plus qu'assez. J'avais beau ingurgiter 900 calories par jour, je n'arrivais plus à maigrir et j'étais complètement découragée. Mon frère me proposa donc pour m'aider de créer un site web avec forum de discussion. Il s'agissait d'un site où l'on pouvait retrouver des recettes avec le nombre de calories par portion. À cela, il y avait un forum de discussion ou tous partageaient leurs expériences ou encore s'encourageaient.

 

J'ai eu beaucoup de plaisir à concevoir ce site, j'aurais aimé que des professionnels en nutrition ou en conditionnement physique se joignent à nous, malheureusement nous étions dans les premières années du WEB et jamais nous n'aurions cru à l'essor que prendrait ce médium de communication. Nous avons gardé quand même ce site en ligne un peu plus de deux ans. Durant cette période, j'ai tenté avec mes entraîneurs plusieurs essais pour perdre les quelque 10 kilos que j'avais en surplus, ceux-ci me forcèrent à augmenter le nombre de calories par jour ce qui fait que j'ai effectivement développé une masse musculaire, mais sur la balance j'avais repris du poids. À la fin, j'ai mis fin au site et au programme d'entraînement. Je voulais prendre du recul par rapport à tout cela et voir d'autres issus pour atteindre mes objectifs.

 

Me voilà donc au point de départ, trouver un but à ma vie. Tout au long de ces années, j'avais constaté le manque de ressource pour ceux atteints du cancer et notamment ceux ayant une tumeur au cerveau. Je déplorais qu'il n'y ait pas une plateforme où les gens auraient partagé leurs expériences, s'encourager, s'entraider. Un lieu où jour et nuit, ils auraient pu partager leurs peurs, leurs craintes, leur courage. Oui, il y avait la Société canadienne du cancer qui avec certains ateliers pouvait combler certaines personnes, mais moi, je pensais plutôt à un autre genre de plateforme. Ce n'est pas tout le monde qui veulent ou peuvent s'exprimer en public, certains préfèrent le faire avec une personne seulement ou le faire dans l'anonymat. Je me souviens lorsque je prenais ma chimiothérapie à l'hôpital, combien de fois les gens se sentaient, seul face à cette maladie, combien de fois ils devaient taire leur questionnement ou bien leur peur face à leur entourage. J'ai vu des femmes se retrouver complètement seule devant la maladie, leur conjoint les ayant quittés, parce qu'il était trop difficile pour eux de s'adapter aux changements qui s'opéraient chez elle. J'ai vu la déception dans le regard de ces femmes, j'ai vu et entendu tellement de regret et de désespoir, mais j'y ai aussi vu du courage et de la détermination.

 

J'ai donc décidé d'en parler avec mes médecins qui déconseillèrent une telle aventure, trop difficile émotivement. Évite les émotions fortes, le stress et l'anxiété. J'ai capitulé, croyant qu'ils avaient raison, mais dans ma tête trotte toujours un tel projet. Peut-être, enfin compte, cela débutera-t-il avec ce blogue. On verra ou cela nous mènera, la vie des fois nous fait faire tellement de détours avant d'arriver au but, peut-être parce que tout simplement ce n'est pas le bon moment et que l'on a des expériences à vivre avant d'y arriver!