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2-Peur de la mort ou peur de mourir?

 

«Je n'ai pas peur de mourir parce que je ne connais pas la mort.  Mais j'ai peur de ne plus vivre parce que je connais la vie!»

 De Anonyme, Extrait d'un film au profit de la lutte contre le sida.

 

Comme je l'ai déjà mentionné, je ne me suis jamais posé la question pourquoi moi, qu'est-ce que j'avais fait pour mériter tout cela?  Par contre, lorsque je regarde derrière moi, j'ai la conviction qu'il fallait que je passe par là pour comprendre certaines choses de la vie, pour atteindre une certaine sérénité. 

 

J'ai toujours été d'un tempérament optimiste et quoiqu'il m'arrive de voir plus sombres certains jours, j'en arrive toujours à me dire que cette maladie ne doit pas m'empêcher de vivre.  Car la peur de VIVRE est toujours plus néfaste que la peur de mourir ou la peur de la mort.   En fait, je pense qu'elle doit être la plus grande peur que l'on puisse affronter que l'on soit atteint d'une maladie incurable, handicapé ou tout simplement en bonne santé.  Alors, comment savoir quelle est notre réelle peur?  En ce qui me concerne, ce fût en y faisant face.  Cela m'a permis de faire un choix et ce choix fût celui de vivre. 

 

VIVRE MAINTENANT, non pas dans le passé ni dans le futur, mais MAINTENANT!  Cela n'empêche pas de faire des projets futurs, non bien au contraire, les rêves, les projets, les désirs, sont des objectifs à atteindre.  Sinon nous ne faisons que voir le train qui passe.  On a tous le choix, prendre le train ou le laisser passer.  Moi j'ai choisi de le prendre et de savourer chaque arrêt jusqu'au terminus.  Mes peurs m'accompagnent, mais ne régissent pas ma vie et lorsqu'elles ont tendances à vouloir prendre plus de place certains jours, alors je me dis que cela fait aussi partie de la vie et que je dois composer avec avant de leur donner moins d'importance. 

 

Je pense qu'il nous faut toute une vie pour apprendre à VIVRE!  La plénitude, le bonheur, la satisfaction d'une vie ne tiennent pas à sa durée, mais à sa qualité, c'est du moins ce que cette maladie m'a appris. Alors ai-je peur de Vivre, non! Peur de mourir! Peut-être puisque je ne sais pas ce qui m'attend, même si je pense que j'aurai droit à une autre vie sous quelque forme que ce soit! Peur de la mort, non!

 

Au bout du compte, toutes ses interrogations, ses incertitudes, ne sauront trouver écho que lorsque je serai morte, départie de mon enveloppe charnelle sur cette terre.  J'ose espérer que mes convictions ne sont pas utopiques et que j'aurai les réponses à ce moment-là.  Entre-temps, au-delà de toutes ses interrogations, il me faut VIVRE et SAVOURER chaque INSTANT, car c'est ce qui est le plus IMPORTANT, le MOMENT PRÉSENT.