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La colère, cette émotion si frustrante.

On dit que la colère est une émotion qui traduit la souffrance et que pour la calmer il s'agit d'identifier le mal être.  Faut pas être divin pour comprendre que cette année j'ai ma dose avec ce maudit cancer qui ravi les êtres que j'aime.  Je regarde autour de moi et je vois des personnes d'exceptions mourir après un combat acharné contre cet ennemi. 

 

J'essaie d'être et de rester positive mais quelques fois quand je perds quelqu'un que j'aimais à cause de cette maladie,  je suis envahie par une bouffée de colère qui reste quelques jours et qui s'éloigne de moi  pour laisser place à la peine et à un sentiment d'impuissance.  Processus de deuil je suppose, mais c'est chiant quand même. 

 

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Deuil | Etre positif

Visite de contrôle ou perte de contrôle!

 

Dans le précédent billet, je vous parlais d’avoir pris un temps de réflexion. L’une des raisons fût un commentaire de mon frère, alors qu’un matin je me levais grincheuse et qu’il me faisait remarquer que cela durait depuis des jours. J’ai prétextée un mal de tête dû à un changement dans mon alimentation et une température trop élevée dans la maison parce qu’il fait si froid dehors, qu’on a l’impression d’être au Pôle Nord.

 

J’étais donc grincheuse et en toute honnêteté, la vraie raison, c’était d’avoir reçu un appel de l’Hôpital, me confirmant mon rendez-vous avec l’oncologue pour les résultats de ma résonnance magnétique en février prochain. Que voulez-vous, ça me stresse. J’ai beau avoir eu pas loin d’une trentaine de résonnances magnétiques, chaque fois c’est la même chose. Je suis à fleur de peau et il ne faut pas trop me tomber sur le gros orteil sinon je mords. Façon de parler, j’entends.

 

Alors cette fois-ci, je me suis demandé pourquoi! Pourquoi cette réaction chaque fois? Quelles sont la ou les raisons profondes? Je sais bien que j’appréhende toute nouvelle rechute. Mais mise à part, que je ne me sens pas vraiment prête à reprendre les gants de boxe, je dois avouer aussi que je n’ai aucune envie de revivre tout le processus. Est-ce la peur de mourir? Rationnellement, je sais bien qu’un jour je vais mourir. Mais comme je crois à la réincarnation, ce n’est pas le fait de mourir, mais plutôt le fait de mourir de cette maudite tumeur. Il est quelque peu insensé de se mettre en colère contre cela, car il faut bien mourir de quelque chose. Non!

 

J’ai donc mis le doigt sur le bobo et oui, la colère. Je ne me rappelle pas si dans de précédents billets je vous ai parlé des étapes qui suivent l’annonce d’une tumeur au cerveau. Cela s’applique, non seulement à ceux qui ont un diagnostic de tumeur cérébrale, mais à tous ceux concernés par un diagnostic de cancer. Elles sont basées sur les étapes du deuil, puisqu’en quelque sorte c’est un deuil que nous avons à faire. Le deuil de ce que nous étions ou de notre vie avant cette maladie.

 

LE CHOC : C’est notre réaction face au diagnostic. Elle peut se traduire par une grande agitation.

 

LE DÉNI : C’est l’étape qui va s’ajouter, le refus de croire au diagnostic. Et quoique cette réaction est plus ou moins brève, il arrive que nous restions bloquées dans cet état ou bien qu’on l’ y revienne pour s’y réfugier.

 

LA COLÈRE : Même si nous sommes confontré au diagnostic, cette étape peut être plus complexe, avec des attitudes de révolte qui peuvent être tournée sur soi ou sur les autres. C’est ainsi que des pulsions peuvent nous pousser à avoir des comportements, que l’on ne comprend pas nous-mêmes. Sans compter que l’on se demande pourquoi  et que l’on trouve cela injuste.

 

L’ABATTEMENT : La tension que provoque la colère peut engendrer un épuisement. Mêlant tout à la fois le choc initial, le déni et la colère, on peut en arriver à vivre un abattement plus au moins profond pouvant même mener à la dépression.

 

LA RÉSIGNATION : Il arrive que la résistance de notre corps nous conduise vers l’abandon de cette lutte. C’est le cas, lorsque l’on met comme dirait, le couvercle par-dessus la situation. II arrive aussi que l’on se réfugie dans le déni. Parfois cela peut nous amener à être plus dépressif et d’autres fois plus social, on se laisse porter par le déroulement de la vie.

 

L’ACCEPTATION : Après la résignation vient l’acceptation. Il y aura encore des manifestations des états antérieurs, mais les périodes d’abattement seront moins longues. La vie reprend son cours.

 

LA RÉSILIENCE : C’est l’intégration de cette expérience. Ce qui au début était un état de souffrance est devenu une ressource en soi, un apaisement, et même un merci pour cette expérience.  Il s’opère alors une transformation qui n’a rien à voir avec l’acceptation.

 

 

A prime à bord, on pourrait penser qu’après cette dernière étape que tout est terminé et que cette transformation se fera ressentir tout au long de notre vie. Non, je crois que tout au long de cette maladie, nous aurons à vivre encore  certaines de ces étapes. Quelques fois  le déni, comme au printemps dernier, où j’aurais dû directement aller voir mon oncologue pour ces maux de tête, au lieu d’attendre des semaines avant de la contacter.

 

D’autres fois  la colère, comme celle qui gronde en moi parce qu’inévitablement chaque contrôle me ramène à mes peurs, mes angoisses face aux résultats. Et sans oublier les rechutes, où l’on doit refaire tout le parcours.