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Tumeur au cerveau-1er round

 

Je me souviens encore comme si c'était hier, je me revois dans mon lit d'hôpital accompagné d'une collègue de travail recevoir la visite de celui qui allait être mon neurochirurgien et qui allait me suivre tout au long de ces dernières années. M'étant évanouie au bureau, suite à une crise d'épilepsie, j'ai repris conscience que plusieurs heures plus tard.

 

Je revois cet homme me demander si je voulais savoir la vérité ou s'il devait me cacher des choses. Jamais jusqu'à ce jour je n'avais été malade, hormis les oreillons, j'étais en parfaite santé si ce n'était que quelques mois auparavant j'avais fait un burnout et repris depuis l'automne le travail graduellement pour revenir à temps plein, qu'en janvier 2000.

 

Nous sommes donc le 1er mars 2000, il est à peine 15hr30 et déjà un tas d'examens de passés pour savoir ce qui ne va pas chez moi. C'est avec un calme et en peu de mot, que mon médecin m'annonce que j'ai une tumeur au cerveau et qu'il m'opère 15 jours plus tard, le temps de mettre de l'ordre dans mes papiers. Qui a 39 ans peut penser à faire un testament alors qu'il est en pleine santé. Comment annoncer cela à sa famille, ses amis (es). Mais surtout, à quoi dois-je m'attendre? Qu'est-ce qu'il faut que je prévoie?

 

Je me souviens que mon frère avait fait plusieurs recherches sur le NET, il s'efforçait de me renseigner, mais tout au fond de moi, j'étais comme sous le choc, ne réalisant pas encore les changements que je devrais apporter dans ma vie. J'ai donc fait mes testaments, tant financier que biologique. J'ai mis de l'ordre dans mes affaires. J'ai préparé tout ce qu'il fallait au cas ou le pire arriverait, non pas la mort, car j'étais sûre de ne pas mourir, mais en cas de perte d'autonomie. Tous ceux qui me sont proche savent à quel point je suis une battante et comme le reste de ma vie, j'ai décidé que je gagnerai ce round et qu'un an plus tard je serai assise à mon bureau comme si la dernière année n'avait pas existé.

 

C'est vraiment dans l'inconscience que j'ai traversé les jours qui ont suivi. Je savais que j'allais m'en sortir, mais en même temps je ne réalisais pas encore ce qui m'arrivait. Entre la préparation des papiers, les informations que je recevais de mon frère, la visite des amis (es), les 15 jours précédant mon opération ont défilé comme une fusée et le jour J arriva. Jamais je n'aurais pensé qu'il fallait 12 heures pour m'enlever cette tumeur, mais c'est approximativement le temps que cela a pris. Il faut dire que j'ai la tête dure !!!!!

 

Je me suis donc réveillé quelques heures plus tard, la tête rasée, des agrafes et des points de suture sur le lobe temporal droit et un patient en face de mon lit qui criait parce qu'il était ligoté. Je me souviens de l'infirmière qui essayait de le calmer en l'appelant Dr. et tant que j'aurai un souffle de vie, je me rappellerai toujours la démence qui habitait son regard. Lui qui était médecin savait pertinemment bien à quoi il pouvait s'attendre en se faisant opérer pour une tumeur au cerveau. Cette image me poursuit encore après toutes ces années et pendant toute ma chimiothérapie je me suis sentie chanceuse de vivre ces douleurs, car moi j'avais encore toute ma tête.