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1-Peur de la mort ou peur de mourir?

LE DESTIN DES HOMMES EST DE MOURIR.  POURQUOI M'ATTRISTER, ALORS QUE MON SORT EST NORMAL ET QUE MON DESTIN EST CELUI DE TOUS LES HOMMES?

 Lao Tseu, Traité du vide parfait, env. 400 ap.J-C.

 

J'ai eu envie d'écrire sur ce sujet, puisqu'inévitablement lorsqu'on apprend qu'un proche ou nous-mêmes sommes atteint d'une maladie incurable nous pensons à la mort.  Je me suis interrogée sur ma propre mort et sur le mal-être profond qui me rongeait l'intérieur à l'idée même de celle-ci.  Avais-je peur de la mort ou bien peur de mourir? 

 

Il y tant de questions qui trottaient dans ma tête, que se passe-t-il après la mort? Que devient-on après la mort? Est-ce que la réincarnation existe?  Le paradis et l'enfer existent-ils vraiment? Pourquoi mourir et pourquoi maintenant? Tant de questions et très peu de réponses si ce n'est que quelques pistes qui m'aide à accepter que je vais mourir un jour et que je ne sais pas quand cet évènement arrivera. 

 

Comme bien des gens, je suis de religion catholique, j'ai été baptisée, j'ai fait ma première communion, je n'ai jamais été mariée, mais je recevrai les derniers sacrements.  Même si je ne pratique  pas ma religion, j'ai développé aux cours des dernières années, une spiritualité. Je ne crois pas en l'Église mais encore aujourd'hui je ne suis pas certaine si je crois en Dieu ou en un Être supérieur.  Je vague entre l'idée d'un Dieu tout puissant inculqué par l'éducation catholique que j'ai reçue ou l'invention d'un groupe d'hommes avide de conquérir et d'aliéner un peuple afin d'assouvir  leurs soifs de pouvoir et d'argent.   

 

Malgré toutes ses interrogations au fil du temps s'est installée en moi, une paix intérieure et la certitude que quelque chose de plus grand que moi régit mon existence.  Appelons-le Dieu, Être suprême, Boudha, Allah, Énergie, Spiritualité, peu importe, j'ai amorcé des pistes de réponses à mes interrogations ce qui fait qu'aujourd'hui j'ai atteint une certaine sérénité face à la mort et que la peur de mourir ne m'angoisse plus comme avant.  J'ai encore quelques moments de révolte face à la mort d'amis(es) de proches ou de parents, mais après quelque temps j'arrive à accepter l'inévitable même si bien des fois je trouve que la grande faucheuse est arrivée trop tôt dans la vie de certaines personnes.

 

Ce qui est le plus difficile avec la mort, c'est de savoir que nous ne verrons plus les personnes que nous aimons, que nous ne pourrons plus sentir leurs odeurs, les prendre dans nos bras ou tout simplement leur dire que nous les aimons.  Il y a quelques années, ma grand-mère maternelle est décédée à l'âge de 101 ans, je m'occupais de ses obsèques et je voulais écrire quelque chose qui reflèterait ce qu'elle  nous aurait dit si elle avait pu.  En fouillant sur internet afin de trouver l'inspiration je suis tombée sur ce poème qui m'a tellement bouleversée et en même temps réconfortée. 

 

Je partage donc avec vous ce poème écrit par Charles Peguy suite à la perte d'un être cher.

 

 

Le fil n'est pas coupé.

 

La mort n'est rien.

 

Je suis seulement passé dans la pièce à côté.
Je suis moi, vous êtes vous.

 

Ce que nous étions les uns pour les autres, nous le sommes toujours.

 

Donnez-moi le nom que vous m'avez toujours donné.

 

Parlez de moi comme vous l'avez toujours fait.
N'employez pas un ton différent, ne prenez pas un air solennel et triste.
Continuez à rire de ce qui nous faisait rire ensemble.
Priez, souriez, pensez à moi, priez pour moi.

 

Que mon nom soit prononcé comme il l'a toujours été, sans emphase d'aucune sorte, sans une trace d'ombre.

 

La vie signifie tout ce qu'elle a toujours signifié.
Elle est ce qu'elle a toujours été.

 

Le fil n'est pas coupé.

 

Pourquoi serais-je hors de votre pensée simplement parce que je suis hors de votre vue ?

 

Je vous attends.

 

Je ne suis pas loin, juste de l'autre côté du chemin.
Vous voyez, tout est bien.

 

 

 

 

 

 

 

 

Être positif dans la maladie!

J’ai toujours été positive dans ma vie et plus particulièrement depuis ces dernières années où ma vie a pris un virage à 180 degrés. Je ne mérite pas nécessairement l’admiration pour ce positivisme, je suis faite ainsi. Cependant,  à certaines occasions, il m’est arrivé d’être moins positive d’après certaines personnes. Moi, je dirai plutôt plus réaliste vis-à-vis de la maladie et de ce qui m’attendait. Je me suis aperçu que de parler de mes craintes, des conséquences de la maladie, de ce que je voulais ou espérait, de la mort en général et plus particulièrement la mienne effrayait mon entourage. Ils avaient beau dire reste positive, ne pense pas à cela sinon tu vas attirer le pire, j’ai compris que cela les rassuraient et évitaient de les confronter avec la réalité des choses.

 

J’ai même eu un ami proche qui m’a dit cet été : J’peux mourir avant toi, d’un ACV ou d’un accident. Et il avait raison, mais ce qu’il n’a pas compris comme beaucoup d’autres, c’est que je suis plus consciente que je risque de mourir de cette tumeur. Chaque jour, je remercie la vie d’être encore ici et de me permettre de réaliser mes rêves. S’interroger, se renseigner, mettre nos dossiers à jour, parler de la mort ne fait pas de nous des êtres négatifs, mais plutôt, je crois qu’inconsciemment on se prépare à ce qui risque d’arriver. Cela nous permettra d’y faire face avec plus de sérénité le moment venu.

 

 

On a tous un jour ou l’autre côtoyé des personnes négatives. Elles sont léthargiques, tristes, ennuyeuses et ne connaissent pas le bonheur. Il est d’ailleurs facile de se laisser envahir par le négativisme quand les journées s’étendent vides de toute obligation à accomplir. Au contraire, les personnes positives ont une joie de vivre et une grande vitalité, et ce, même en étant malade. Elles se fixent des objectifs et agissent en conséquence pour les atteindre. Elles se découvrent des passions, que ce soit la lecture, le jardinage, la cuisine ou toute autre chose. Elles prennent le temps de vivre ses passions. Enfin elles sourient et rient de bon cœur, on sent chez elles la joie de vivre.

 

 

Il est normal d’avoir des peurs, des craintes, des interrogations ou tout simplement tanné de vivre cette maladie. Il est normal que vos proches ne se sentent pas à l’aise avec vos états d’âme et que cela les ramène à leurs propres peurs, craintes et interrogations. Cependant, je pense qu’il faut profiter de ces moments pour être vrai les uns vis-à-vis les autres. C’est une occasion qui nous est donnée pour laisser tomber les masques, parler de ce qui est important, expliquer, pardonner, bref ne pas attendre à la toute fin. Mais entre-temps, prenons le temps de vivre notre vie, les jours qui nous sont donnés. Prenons le temps de se créer un avenir avec des projets pleins la tête et des rêves à réaliser. Prenons le temps d’apprécier la vie pour ce qu’elle a à nous donner.