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Et la Saga Turcotte continue!

Il y a quelque temps, j'écrivais sur ce procès qui a fait réagir tout le Québec. N'avais-je pas écrit que la Saga Turcotte ne se terminerait pas ainsi. Eh oui!, l'outrage des Québécois à l'énoncé du verdict a fort probablement influencé la Couronne qui n'a pas réellement le choix que d'aller en Appel. C'est donc vendredi dernier que l'on a appris que celle-ci interjetait appel dans le procès de Guy Turcotte. Malheureusement, on devra attendre environ un an avant de savoir si la Cour d'Appel acceptera cette requête et s'il y aura un autre procès.
 
 
Eh oui surprise! Un autre procès et pourquoi? Parce que la Cour d'Appel ne peut pas changer le verdict du jury, tout ce qu'elle peut faire c'est d'entendre les motifs de la Couronne. Dans l'éventualité où celle-ci accepterait lesdits motifs, elle ordonnera un nouveau procès. Et après, combien de temps cela prendra-t-il pour refaire un procès? Encore une autre année ou peut-être plus. En attendant, M. Turcotte recevra les soins psychiatriques auxquels il a droit. La question que je me pose, est-ce que nous aurions eu la même réaction s'il avait tué sa femme au lieu de ses enfants? Bon, je comprends que nous ayons une réaction, qu'il est impossible qu'un parent aimant son enfant puisse lui faire du mal. Mais combien d'enfants sont battus négligés ou maltraités, pourtant cela est tout aussi odieux et outrageux. Alors, pourquoi cette réaction si intense, ne peut-on tout simplement, accepter le fait, qu'effectivement celui-ci n'avait pas toute sa raison. Et si à l'issue d'un deuxième procès, on en arrivait à la même conclusion, que ferions-nous? Et s'il y avait condamnation, la Défense n'irait-elle pas aussi en appel? À ce rythme-là, on n'en finira plus! Entendons-nous bien, je ne dis pas que j'excuse ses gestes, non! Ce que je me demande, c'est si notre réaction n’était elle pas dictée par un sentiment de peur. Si un médecin est capable de faire cela à ses propres enfants, quand serait-il d'un simple ouvrier n'ayant pas reçu la même éducation académique. Et si celui-ci avait été une femme, aurions-nous eu la même réaction? N'aurions-nous pas plus facilement accepté qu'elle ait eu un moment d'égarement, qu'elle ait été en dépression sévère? L'horreur des gestes commis est tout simplement inacceptable pour quelqu'un ayant toute sa raison, mais n'est-ce pas là toute la question. Ne faut-il pas ne plus avoir toute sa raison pour commettre de tels actes?
 
 
 
Il a été dit qu'il souffrait d'un trouble d'adaptation avec anxiété et humeur dépressive, cela ne veut pas dire que tous ceux souffrant de cette maladie mentale commettent de tels actes. Non! en effet. La peine de mort a été abolie chez nous, parce que nous ne voulions pas que des innocents paient pour un crime qu'ils n'avaient pas commis. Alors en ce qui concerne les causes où les accusés ne sont pas criminellement reconnus coupables, ne devrions-nous pas plus tôt amender notre Code criminel? Peut-être pourrions-nous les déclarer coupable,mais en vertu de troubles mentaux on les réfèrerait à un centre psychiatrique où ils seraient soignés et où ils y purgeraient une peine avec le même nombre d'années que s'ils avaient été reconnu coupable de meurtre non prémédité ou homicide involontaire. Car enfin, ce qui nous choque, c'est la possibilité qu'un tel individu soit dans nos rues dans un an ou deux. Qu'un homme ou une femme n'acceptant pas l'échec de son couple en viennent à commettre ces gestes et plaident la non-responsabilité pour cause d'aliénation. Enfin, une dernière question reste en suspens, qu'est-ce que la Justice? Venger des enfants morts dans d'atroces souffrances ou reconnaître que dans une Société comme la nôtre, il se peut que quelqu'un, quelque part, perde la raison et pose des gestes inadmissibles et qu'il a besoin d'aide psychiatrique au lieu d'être emprisonné dans un milieu carcéral. La réponse définira la Société que nous sommes.

L'Incompréhension totale!

J’ai lu quelque part que la Justice était une notion insaisissable. Que pour la plupart d’entre nous cela supposait l'équité, le caractère rationnel et l'application de la loi . Qu’un des principes fondamentaux en droit criminel était que la responsabilité criminelle ne reposait que sur une intention coupable. C’est pourquoi, semble-t-il, la plupart des procès tourneraient autour de la question à savoir si l'accusé avait l'état d'esprit nécessaire plutôt que de savoir s'il avait effectivement perpétré l'acte interdit.

 

Il semblerait aussi, que la preuve de l'état d'esprit doit être établie avec la même certitude que les autres éléments du crime, et que la poursuite doit présenter une image précise de l'état d'esprit du prévenu au moment où l'infraction a été commise. Le droit criminel est le moyen par lequel une Société affirme ses valeurs et quoique le droit à la condamnation appartient à la collectivité par l’intermédiaire de juge et jury et qu’il soit dans l’intérêt de celle-ci de réprimer la criminalité, il est tout aussi important de ne pas créer une Société dont les membres vivraient dans une peur constante de condamnation injustifiée.

 

Dans le cas de M. Turcotte, nous pouvons douter de son soi-disant état d’esprit, et pouvons croire qu’il s’agit d’un être égocentrique, narcissique, manipulateur, mais si 11 jurés composés de femmes et d’hommes ont déterminé que la poursuite n’avait pas été en mesure de prouver l’état d’esprit de celui-ci au moment des faits, et qu’à sa décharge, ce dernier par l’intermédiaire de ses avocats et des spécialistes a prouvé qu’il n’avait pas l’état d’esprit nécessaire. Alors nous n’avons d’autres choix que de nous incliner face à la décision du jury.

 

Nous n’étions pas dans sa tête à ce moment-là, et personne à part lui, ne peut dire avec certitude les intentions qui l’habitaient. C’est maintenant à un tribunal administratif de décider du sort de M. Turcotte à savoir, un emprisonnement dans une institution psychiatrique ou une remise en liberté avec ou sans condition. Il n’est pas dit que la Saga Turcotte se terminera ainsi . Quoi qu'il en soit, si effectivement il a perdu la raison au moment des faits, son enfer a commencé quelque part en février 2009, et il aura à vivre le restant de ses jours avec les actes qu’il a posés et quelques soit la thérapie qu’il suivra, il arrivera difficilement à se pardonner et à vivre heureux.

 

Tant qu’a Isabelle Gaston, je lui souhaite de retrouver la paix de l’âme, une vie plus sereine et heureuse et ce, malgré la perte de ses enfants. Que ceux-ci reposent en paix.

 

Aux familles respectives, bon courage!

 

 

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L'Affaire Guy Turcotte