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L'après chimio 2 -Dommages collatéraux-2

 

Avril 2010, trois mois se sont écoulés et j'arrive à contrôler quelque peu la douleur, mes nuits de sommeil sont meilleurs. Cela n'a pas été facile, on a dû augmenter les antidépresseurs, mais il m'arrive encore d'avoir des douleurs aux jambes. C'est un peu comme si on me broyait les deux jambes, ce n'est pas la même intensité de douleur toutes les nuits, mais quand même, j'aimerais bien que mon cerveau se mette à OFF et qu'il arrête de m'envoyer des messages de douleurs. J'ai remarqué aussi des difficultés avec ma mémoire et des changements d'humeur plus fréquents. Ma peur étant la démence, j'en discute avec mon oncologue lors de notre rencontre trimestrielle.

 

 

Bonne nouvelle ma résonnance magnétique confirme que tout est stable. On décide donc que j'irais consulter une neurologue pour mes douleurs et un neuropsychologue qui dresserait un portait de mes forces et faiblesses dans mes différentes sphères cognitives tels la mémoire, le langage, l’attention, la perception.

 

 

Au cours des mois qui ont suivi, j'ai rencontré une neurologue qui a augmenté mes antidépresseurs, naturellement il s'agissait encore une fois de fibromyalgie avec un problème de syndrome des jambes sans repos. Je suis encore partie avec une prescription, du Prampexole à prendre au coucher. Ce médicament contribue à améliorer le contrôle des muscles et du mouvement en agissant sur l'équilibre d'une substance chimique du cerveau appelée dopamine. Malheureusement il y a des effets secondaires, dont les douleurs musculaires et articulaires. Alors imaginez ma première nuit, si j'avais eu une Chainesaw je me serais coupé les deux jambes. Bon, j'exagère, mais à dire vrai pas tant que cela, la douleur était tellement élevée que j'en pleurais. Alors les pilules direction poubelle, on prend nos antidépresseurs avec deux tylenol extra forts et on prit pour passer une bonne nuit. Mes voeux furent exaucés et après quelques semaines j'ai enlevé les tylenol et maintenant, fini les douleurs.

 

J'ai rencontré la neuropsychologue en août 2010, il s'agît de deux rencontres soit l'une le matin et l'autre l'après-midi. Vous devinez pourquoi! Tout simplement pour savoir quand et comment notre cerveau réagit le mieux. Les tests neuropsychologiques servent à mesurer les capacités de notre mémoire, les troubles de langage et de perception ainsi que notre capacité de discernement.

 

Alors pour ceux qui en doutent, j'ai encore toute ma tête et à peu près tout mon cerveau. Sans blague, mis à part un problème de mémoire qui n'en est pas réellement un, mais avec lequel je dois conjuguer, je vais bien. Il faut juste que je laisse du temps à mon cerveau pour qu'il se trouve un autre chemin afin d'arriver à l'information. Cela peut prendre quelques secondes, minutes ou heures, dépendamment si je suis stressée ou bien tout simplement fatiguée. Alors j'ai appris à le respecter et à lui faire confiance pour trouver l'information.

 

 

L'après chimio 2 -Dommages collatéraux-1

Janvier 2010, j'ai rendez-vous avec mon oncologue pour un examen de routine, trois mois se sont écoulés depuis la fin de ma chimiothérapie. Je suis quelque peu nerveuse et anxieuse, mais mis à part la perte d'énergie, les vertiges, les douleurs ressenties dans les muscles, les os et l'insomnie, je peux dire que tout va bien. Comme je signalais ces symptômes que je croyais résiduels de la chimiothérapie, quelle ne fut pas ma surprise de l'entendre me dire que ce n'était pas normal. Chanceuse, j'ai pu passer dans l'après-midi  en médecine nucléaire pour une scintigraphie osseuse, afin de déterminer si je ne développais pas des métastases osseuses. Merci! Ce ne fut pas le cas. Je fus donc dirigée en médecine interne pour déterminer la cause de ces douleurs.

 

J'aime bien le principe de la médecine interne, au lieu d'être hospitalisée pendant des jours à attendre les examens, on fait venir le patient à l'hôpital vers 9:00am jusqu'à environ 16:00pm. Durant cette période on nous passe les examens appropriés et on rencontre des médecins internes. Après quelques jours le verdict tomba. Fibromyalgie!

 

La fibromyalgie est un syndrome caractérisé par des douleurs diffuses dans tout le corps, elle est souvent associée à une grande fatigue et à des troubles du sommeil. Il y a plusieurs facteurs déclenchant ce syndrome, en ce qui me concerne ce fut naturellement le traumatisme des deux opérations et chimiothérapies. Il n'y a pas réellement de guérison, mais des traitements sont offert afin de contrer la douleur, l'insomnie, la dépression et autres symptômes. Alors qu'il y a quelques mois je refusais les antidépresseurs pour mes idées suicidaires lors des traitements de chimiothérapie, je repartais avec une prescription d'Elavil, un antidépresseur utilisé comme antidouleur et pour ses effets sur les troubles du sommeil et la fatigue. Faut croire que la douleur était plus intense que mes idées suicidaires!  

 

 

En collaboration avec mon médecin traitant, on a augmenté la dose jusqu'à ce que la douleur disparaisse. J'ai réglé mes problèmes d'insomnies, quoiqu'il m'arrive encore d'en avoir, mais rarement,  par contre la fatigue est toujours là. Il y a des périodes qui sont plus difficiles que d'autres, mais en général, j'ai une belle qualité de vie.